Épilogue

(english below)

Toulouse. Tadaima. Alors que l’avion amorce sa descente, en voyant les campagnes bien arrangées et les toits de tuiles rouges, on pourrait penser que rien n’a changé. Mais tout est différent.

Cathedral Cove. Tongariro. Cape Reinga. Huka Falls. Abel Tasman. Aoraki. Franz Joseph. Fiordland. Paremoremo. Napier. Roxburgh. Christchurch. 12 Apostles. Bukit Tabur. Singapore. Melaka. Penang. Fuji-San. Miyajima. Yoga. Asakusa. Hiroshima. Cette liste pourrait s’étendre jusqu’à l’infini et toujours n’être rien de plus que des cartes postales oubliées, sans les gens avec qui j’ai vécu ces endroits.

Comment aurais-je pu prédire où ce voyage allait m’emmener ? Le long des routes néo-zélandaises de Whitianga à Albany puis Roxburgh, et de là jusqu’aux jungles (parfois de béton) et food courts de Singapour et de Malaisie et aux temples du Japon, je tenais à remercier chacune des personnes qui ont fait cette année et guidé ma route.

Rencontrer l’autre, c’est aussi se rencontrer soi-même. Le bouillon culturel dans lequel j’ai été plongé en Nouvelle-Zélande est juste incroyablement divers et passionnant. Et pourtant plus on découvre, plus on se rend compte de tout ce qu’il reste à découvrir.

Et maintenant ? Beaucoup de voyages m’attendent, mais voyager n’est pas forcément partir.Je revois aujourd’hui les rues de la ville où j’ai grandi avec un œil neuf ; j’y remarque des choses différentes et suis maintenant à la recherche d’un restaurant malaisien où d’une isakaya. J’espère aussi héberger beaucoup d’entre vous ici à Toulouse : venez et apportez avec vous un bout de Nouvelle-Zélande !

Merci à tous. 🙂


 

Toulouse. Tadaima. Looking through the porthole while the plane is descending towards my hometown, seeing the tidy countrysides and pink roofs, you could say not much has changed. But it feels different.

Cathedral Cove. Tongariro. Cape Reinga. Huka Falls. Abel Tasman. Aoraki. Franz Joseph. Fiordland. Paremoremo. Napier. Roxburgh. Christchurch. 12 Apostles. Bukit Tabur. Singapore. Melaka. Penang. Fuji-San. Miyajima. Yoga. Asakusa. Hiroshima. This list could go on for ever and still be nothing more than faded postcards on a forgotten wall if it weren’t for the people who were there and actually made those moments happen.

It really was an unexpected journey that took me from that blue motel in Whitianga to Albany, down New Zealand roads to Roxburgh, and from then on to Singaporean and Malaysian (concrete) jungles and food courts and at last to Japanese temples, and I wanted to thank every person who made it happen and guided me on the way.

Meeting other people, you meet yourself. Who would have guessed that I would meet so many different cultures in New Zealand ? Yet what I glimpsed only made me realize how much more there was to discover.

What now ? Many journeys lie ahead, but travelling isn’t necessarily leaving home. Walking through the same streets where I grew up, my eyes see things they didn’t use to ; and now they are looking for a Malaysian restaurant or an isakaya. I also hope to host many of you here in Toulouse : come and bring back a bit of that New Zealand feel to this house !

Thanks to everyone 🙂

 

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Chapitre 35 – Follow the Map

(Un morceau issu d’un de mes albums préférés de tous les temps, Hymn to the Immortal Wind. Le groupe est japonais, j’ai acheté le CD (difficile à trouver en France) à Tokyo chez Tower Records (avec un petit Maximum the Hormone, on se refait pas). Du post-rock onirique et ghibliesque, mignon comme tout.)

Au Japon, le moindre mètre carré est utilisé. Le Japonais est nombreux et l’archipel est d’autant plus petit qu’il est très montagneux. Les rues des quartiers sont étroites et les immeubles nombreux aux abords des stations de train. Dans les campagnes et jusqu’au moindre fond de vallée, tout l’espace est occupé, entre les rizières, les habitations et les voies de communication. On comprend donc assez bien pourquoi les Japonais ont dû déployer des trésors d’ingéniosité pour utiliser au mieux l’espace disponible, mais les solutions sont étonnantes : garages de voitures superposés, supermarchés à étages, polders, viaducs sur viaducs sur viaducs, lavabos au dessus du réservoir des toilettes, voitures carrées…

Cette optimisation acharnée produit un système où tous les rouages sont bien huilés, ce qui rend la vie plus facile bien sûr mais va parfois un peu trop loin, en faisant reposer une pression énorme sur les individus ou en bétonnant de magnifiques rivières de montagne pour réduire le risque d’inondations.

Malgré tout ça les Japonais restent parmi les gens les plus accueillants et souriants que j’ai pu rencontrer. L’accueil d’un invité met en jeu l’honneur de l’hôte mais le plaisir d’accueillir est réel.

Kanazawa, où je vous avais laissé la dernière fois, marque une certaine élévation de la température ambiante après avoir quitté la fraîcheur des montagnes. Sur une échelle de 24 à 56 où 56 est la chaleur ressentie en Malaisie, on monte vite à 52,5 au Soleil.

Coïncidence, le 29 Juillet, lendemain de notre arrivée, sort le nouveau Godzilla, un Japonais cette fois pas un Américain. Nous cédons avec Elsa à l’appel des salles obscures (et climatisées). Vous pouvez en lire ma critique en cliquant ici si ça vous intéresse, c’est un film plus sérieux qu’on le penserait qui explore le traumatisme laissé par Fukushima.

Après avoir pris un mauvais bus, on retrouve les parents qui étaient allés visiter le musée Suzuki, pour explorer le très reposant jardin Kenroku-en. S’ensuivent une visite du quartier des Samouraïs et le lendemain du quartier des plaisirs (où tout le monde est en yukata (kimono d’été)). Les soirs à l’auberge, ce sont des parties de Catane endiablées avec un Hongkongais.

C’est aussi dans cette ville que nous avons vécu une expérience inoubliable même si elle n’a duré qu’une seconde : alors qu’on attend le bus, Mario passe en trombe devant l’arrêt dans son kart. On a bien cru halluciner mais on l’a tous vu. Japan. Superior.

Kanazawa marque donc le début d’une deuxième partie de notre périple, vers un Japon plus historique mais aussi plus chaud. Kyoto, étape suivante où nous passons 5 jours, se situe dans le cœur historique du pays, le Kansai. Ce fut pendant longtemps la capitale du pays avant qu’elle soit transférée à Kamakura puis à Tokyo. C’est aussi une ville d’un million et demi d’habitants située dans une cuvette où il fait chaud : 83 sur une échelle de 34 à 79.

À Kyoto on visite quelques uns des plus célèbres des 1600 temples de la ville. À force il y a bien sûr des similitudes mais chacun a un petit quelque chose qui le rend unique. C’est vraiment une ville au patrimoine très riche, où on peut tomber au hasard en rentrant à vélo sur un quartier entier de temples, comme ça.

Nous passons également une journée à Nara, première capitale du Japon à une heure de Kyoto, pour encore plus de temples et de jardins zen mais aussi des cerfs sacrés qui se baladent au calme dans la ville.

Sur le retour de Nara, nous nous séparons en 2 groupes : Elsa rentre à la maison pendant qu’on va à Inari-taicha, temple célèbre pour ses allées de toriis (portes de temples). À Inari-taicha, nous sommes surpris par un soudain orage et nous abritons sous l’avancée de toit d’un temple pendant une heure avant d’oser sortir voir les fameux toriis.

Mais ce qui arrive à Elsa est une toute autre aventure : ne trouvant pas la maison (pour son crédit celle-ci, louée via AirBnb est difficile à trouver dans un dédale de ruelles, et elle était arrivée à deux pas) elle demande à un habitant. C’est là que le sens de l’accueil/honneur Japonais intervient : contrairement au Français qui aurait répondu « Je sais pas » et passé son chemin, il ne veut pas la lâcher et l’accompagne d’abord à l’école puis au poste de police avant d’estimer avoir fait son possible en la laissant entre de bonnes mains. La police appelle le propriétaire et Elsa (qui voulait rentrer plus tôt) se fait finalement raccompagner en voiture par la manager quelques minutes avant que les parents ne reviennent.

Quant à moi (pas au courant de tout ça) je trouve un portefeuille par terre à quelques minutes de la gare et me sépare des parents pour l’amener au poste de police. Les policiers (qui s’ennuient quand-même pas mal au Japon, on aura fait leur journée) se rendent compte très vite que je suis le frère de ma sœur (moi aussi ça m’étonne tous les jours) et rappellent donc (sans que j’aie mon mot à dire bien sûr) la manager qui refait donc un petit tour en voiture pour me ramener (c’était pas nécessaire). On se souviendra de nous à Nijo!

Sur le trajet Shinkansen entre Kyoto et Kurashiki, le 5 Août, on fait une escale à Himeji pour aller visiter le château, le plus impressionnant qu’on a pu voir sur ce voyage. Situé sur une colline, ses murs blancs sont visibles de loin depuis la gare.

Kurashiki donc, notre dernière ville étape un peu plus a l’Ouest, est une ancienne ville portuaire, ses canaux et entrepôts ont été reconvertis pour le tourisme pour le plus bel effet. On y trouve beaucoup de familles japonaises qui profitent des vacances d’été. Cette ville sera notre base pour 2 dernières excursions.

Pour la première, nous nous levons aux aurores pour arriver à Miyajima avant les foules. Cette île dans la mer intérieure de Seto (dont le nom fournira matière à moultes blagues dans la journée) a pendant longtemps été un sanctuaire auquel on accédait en passant en bateau sous le célèbre torii (Il y a toujours un torii à l’entrée d’un temple. C’est la porte qui permet de se détacher du monde matériel pour rentrer en communication avec les dieux.).

On y retrouve nos amis les cerfs qui trouvent bonne pitance aux abords du temple sur pilotis. Vers midi, nous prenons un téléphérique vers les hauteurs pour ensuite marcher jusqu’au sommet de l’île, le Mont Misen. Sur une échelle de 158 à 190, de 158 à 187 il fait très chaud et de 187 à 190 c’est la canicule.

Après avoir repris le ferry pour Hiroshima nous nous séparons en 2 groupes : Elsa et Fatima rentrent à Kurashiki tandis que Frédéric et moi nous rendons dans le centre de la ville. Nous sommes le 6 Août, 71 ans après la catastrophe que tout le monde connait.

Comme je vous le disais en début d’article et comme ça se voyait autour de Fukushima, les Japonais sont un peuple déterminé qui ne perd pas un mètre carré de surface utile. 2 ans après le bombardement, les travaux de reconstruction avaient commencé et la ville a dépassé sa population d’avant guerre dès 1958 pour aujourd’hui accueillir plus d’un million d’habitants. De fait c’est aujourd’hui une ville comme tant d’autres au Japon, avec ses grands immeubles, son château reconstruit, ses célèbres okonomiyaki, ses arcades grouillantes de monde où les vendeurs s’égosillent pour attirer le chaland. Ça me met même un peu mal à l’aise de voir une ville aussi normale. Mais on ne peut pas leur en vouloir ; même quand le vent se lève, il faut tenter de vivre.

Le malaise n’est rien cependant face à celui qui m’emplit dans le musée du mémorial pour la paix. Encore aujourd’hui en y repensant, la gorge se noue et les yeux s’engorgent. Les faits sont là, simples, terribles. Un peu avant la sortie, un panneau rappelle que la France détient une triste médaille de bronze : 320 bombes, 320 villes à réduire en cendres en l’espace d’une seconde, combien de vies. Un joyeux feu d’artifice en perspective.

La suite est tout aussi émouvante mais plus apaisante, nous participons au lâcher de lampions sur la rivière, en face du célèbre dôme. Des milliers de lumières portant chacune un message aux victimes, un vœu, une déclaration de paix, remontent la rivière, portés par la marée montante.

Le lendemain est une toute autre aventure puisque nous faisons voile pour Naoshima, une île de pêcheurs qui s’est retrouvée récemment une vocation de centre d’art contemporain. Le cadre est magnifique, les œuvres souvent déconcertantes mais intéressantes. On visite d’abord le village de Honmaru où le Art House Project transforme des maisons traditionnelles en œuvres d’art avant de nous rendre à la Benesse House, musée et hôtel avec vue sur la mer de Seto.

Toutes les bonnes choses ont une fin et je finis d’écrire cet article à l’aéroport de Tokyo Haneda, après une dernière nuit près de Shinjuku à Okubo – quartier assez cosmopolite puisqu’on y trouve pas mal de minorités asiatiques (Népalais, Turcs, Philippins, Thaïs) – et un passage au centre Pokémon d’Ikebukuro. Les parents sont déjà repartis pour Toulouse avec leur vol retour via Munich, je les suis bientôt en passant par Shanghai et Charles de Gaulle.

J’aurais encore beaucoup à dire sur les multiples facettes de la culture japonaise, si fascinante qui je crois que je vais prendre des cours de langue à la rentrée, ou sur les sentiments complexes qui m’étreignent à la pensée du retour. Mais je ne saurais pas par où commencer et surtout, je pourrai bientôt vous en parler de vive voix. Alors il est temps de boucler cette aventure, en attendant les suivantes.

Merci. 🙂

Chapitre 34 – Misty Mountains

J’ai fait confiance aux parents pour préparer le séjour une fois qu’ils seraient arrivés, ils ont concocté un programme aux petits oignons (ognons ? Il s’en passe des choses en France en ce moment). C’est différent, la fin des plans de dernière minute et des galères pour trouver un toit mais aussi des rencontres et décisions spontanées. On voyage différemment quand on est un groupe de 4 de toute façon.

Le planning est serré pour voir le maximum de choses en 3 semaines ; des 4 jours que l’on passe à Tokyo, deux sont consacrées à des excursions à la journée.

Le 21 on prend le shinkansen (le TGV Japonais) pour la première fois pour nous rendre à Nikko, petite ville de montagne qui abrite des temples bouddhistes et shintoïstes. La pluie et la brume rajoutent à l’ambiance mystique et nous permettent de nous familiariser avec un élément primordial de la culture japonaise : le parapluie.

En parlant de culture, c’est toujours un choc à tous les niveaux et les 5 sens sont en constant étonnement, des hubs de Shibuya ou Akihabara avec leurs foules et leurs écrans géants, à la richesse des ornementations des temples ou de la gastronomie. Les Japonais sont un peu fous, c’est vrai : le 22, jour de sortie de Pokémon Go, nous revoyons Takumi pour un restaurant de sushis automatisé : la commande se fait par le biais d’un écran tactile et les plats arrivent sur un rail.

J’ai pas fini de présenter mes amis aux parents puisque le lendemain pour notre visite de Kamakura, je leur ai dégoté un guide local : Ren qui a habité dans le coin pendant longtemps. Kamakura a été capitale du Japon au moment où le bouddhisme s’implantait dans l’archipel, et en a gardé de magnifiques temples. On a notamment la chance d’assister dans le temple d’Engaku-Ji a une cérémonie de commémoration de l’ouverture qui n’a lieu que 2 fois par an.

Le 24, nous partons vers Kawaguchiko, au pied du mont Fuji. Le chemin de fer file droit dans les montagnes, empruntant des vallées étroites mais densément peuplées, des tunnels et des viaducs. Jusqu’au pied du Fuji-San la concentration humaine est impressionnante.

Le lendemain, c’est l’ascension : le bus amène les touristes et pèlerins jusqu’à la 5ème station à 2300m d’altitude, il faut ensuite monter les marches jusqu’au sommet, culminant à 3700. La pente est abrupte, l’ascension n’est pas sans rappeler celle du Ngauruhoe en Nouvelle-Zélande, en beaucoup plus haut et beaucoup mieux aménagé. À intervalles réguliers des cabanes de pierre permettent de se reposer et de se sustenter. À travers les nuages, puis au dessus, des éclaircies récompensent l’effort.

À Kawaguchiko comme à Matsumoto notre étape suivante, nous dormons dans des ryokans, auberges traditionnelles japonaises. Papier de riz et yukatas, on dort sur des futons, à même le sol.

Matsumoto est une ville entourée de montagnes et surtout connue pour son château, superbe (en tout cas de l’extérieur, on est arrivés trop tard pour visiter l’intérieur. On se console toutefois très bien avec des desserts se glace à la patate douce).

Le 27 Juillet, on fait une excursion vers Magome et Tsumago, 2 villages de montagnes ayant conservé leur identité architecturale typique des montagnes japonaises, et situées sur le Nakasendo, un ancien chemin dont nous parcourons donc une portion.

Le jour suivant, c’est une toute autre traversée qui nous attend puisque nous allons prendre la route alpine entre Ogizawa et Tateyama, du côté Sud des montagnes. Train pour Shinano-Omachi, bus montant à Ogizawa, trolley bus à travers la montagne, marche sur le barrage de Kurobe, funiculaire puis télécabine nous hissant jusqu’au coeur des montagnes, deuxième trolley bus au dessus de 2300 mètres d’altitude, bus puis funiculaire redescendant à Tateyama, bus de remplacement évitant un glissement de terrain sur la ligne de chemin de fer, 2 trains locaux allant à Terada puis Dentetsu-Toyama et enfin le Hokoriku Shinkansen à destination de Kanazawa, soit une chaîne de 13 déplacements, vive l’intermodalité !

Au cours de la traversée (qui se fait en partie dans un Parc National), on traverse de magnifiques paysages incroyablement divers, vallées vertigineuses et restes de neiges de l’hiver, forêts d’arbres nains et lacs alimentés par des sources chaudes, cascades et étangs de montagne. Mais ce qui est impressionnant c’est aussi l’ingéniosité de l’ingénierie japonaise qui a su produire cette route.

Arrivés à Kanazawa pas très loin de la Mer du Japon, on reste trois nuits pour prendre le temps de se poser, de voir le dernier Godzilla au cinéma, d’écrire cet article et de profiter de cette ville riche en histoire et en culture, avant de partir sur l’inévitable Kyoto !

Chapitre 33 – Omoide wa Okkusenman

(思い出はおっくせんまん, « 110 millions de souvenirs », une chanson et une vidéo très expressives sur le passage à l’âge adulte… Japon !)

Après avoir atterri à Tokyo à 22h30, je commence par rater mon premier bus faute de pouvoir trouver l’arrêt, et m’oriente donc vers le train où un monsieur m’explique gentiment en japonais qu’il y a 4 correspondances, ce qui fait 4 possibilités de me perdre et que les chances sont fortes que le réseau ferme avant que j’arrive à destination. Je me range à la sagesse de ses arguments et me résigne à attendre le bus de 00:50… J’arrive finalement extrêmement désolé chez Takumi vers 2h du matin.

C’est que Tokyo est la plus grande ville du monde (enfin de ce qui se dit, j’ai pas vu le bout), 30 millions d’habitants. Et pourtant c’est impressionnant de voir à quel point elle est réglée comme une horloge : les trains sont toujours à l’heure malgré l’incroyable complexité du réseau et le nombre impressionnant de travailleurs qui l’empruntent tous les jours.

Les interactions humaines sont très formelles et très réglées, les gens abusent de politesse, tout spécialement les vendeurs qui déballent leurs formules en japonais même quand il est évident que je ne comprends pas un mot. Ça a un côté très dépaysant comparé aux autres pays que j’ai visités où tout le monde ou presque parlait anglais. Ici c’est plutôt rare, du coup je me suis dit que c’était une bonne occasion d’apprendre un peu plus en profondeur le japonais.

Eh ben c’est pas facile. Déjà en japonais il y a 2 alphabets syllabaires, les hiraganas et katakanas, 46 signes chacun (ce qui reste possible et assez fun à apprendre puis à tenter de reconnaître dans le métro), plus les kanjis, qui sont des idéogrammes empruntés à la base au chinois. Autant dire que ça s’improvise pas. Ajoutez à ça une grammaire et une conjugaison complètement différentes et soyez heureux que la prononciation soit facile pour un Français.

Il y a quelque chose de fascinant à évoluer au sein de cette culture à la fois familière et hautement singulière. Par moments je la trouve plus familière que les cultures malaisiennes par exemple, que ce soit parce que j’en connais déjà certains codes à travers la pop culture japonaise ou tout simplement car la haute technologie, très présente, est très mondialisée, mais parfois aussi complètement étrangère et sans repères, les japonais ayant quand-même un mode de pensée vraiment unique.

Je passe donc la semaine à explorer les différents quartiers et à essayer les nombreux types de cuisines de la ville. Je suis le plus souvent guidé par Takumi que je ne remercierai jamais assez, parfois seul et même le temps d’une après-midi en compagnie de Ren et Tetsuya à Asakusa. Plutôt que de vous détailler mes pérégrinations jour par jour (ce qui serait fastidieux) je vous laisse suivre la galerie de photos ci-dessous.

Une légende raconte que du matériel vidéo ait été capturé dans le but de créer un petit montage, mais sa véracité est mise en doute par les spécialistes.
Takumi est très gentil mais je ne veux pas m’éterniser chez lui ; il est temps de partir en weekend à Fukushima ! Dans ma ligne de mire, évidemment il y a l’attrait pour la zone d’exclusion et les ravages du tsunami, mais pas seulement. La préfecture de Fukushima est en effet très grande en superficie et ma première destination, Aizu-Wakamatsu se trouve dans les montagnes.
Seulement voilà, le lundi 18 est férié au Japon, et beaucoup de citadins choisissent le coin pour un weekend. Tous les hôtels sont complets et je n’ai pas réservé. Sur les conseils de Takumi je dors donc au manga café, où il est possible de passer la nuit pour un prix très raisonnable. Très bon plan, qui n’existerait sûrement plus depuis de nombreuses années s’il y avait autant de backpackers qu’en Nouvelle-Zélande.

Je profite du Dimanche pour explorer le coin, à commencer par le château de Tsuruga au milieu de la ville. Je suis le seul Blanc au milieu des hordes de touristes Japonais. Globalement d’ailleurs pendant 3 jours je ne verrai presque pas d’autres étrangers.

Après le château, je prends le train en direction de Yunokami Onsen, d’où je marche jusqu’à Ouchijuku, un vieux village étape sur une ancienne route commerciale, où toutes les maisons ont été rénovées en gardant les matériaux traditionnels, ambiance très « 7 Samouraïs ». Au bout de l’unique rue, un escalier mène à un petit temple d’où on peut observer le village. Il n’y a que quelques kilomètres, une heure de marche entre Yunokami Onsen et Ouchijuku mais la route n’est absolument pas aménagée pour, je dois être le seul cinglé à l’avoir fait en marchant. Au retour un conducteur prend pitié de moi et m’offre de me conduire jusqu’à la gare, c’est quand-même plus agréable !

De retour à Aizu-Wakamatsu, je pars visiter le temple de Sazae-Do, temple bouddhiste fait en bois avec une architecture assez unique : en effet tout comme le château de Chambord il comporte 2 escaliers en spirale qui ne se croisent pas ! Une ambiance très spéciale au crépuscule, presque mystique.

J’ai tellement aimé ma nuit au manga café que je retourne dans un autre manga café de la ville pour la nuit suivante. Celui-ci est situé par chance à proximité de l’entrée de l’autoroute, je tente donc le stop pour Sendaï le lendemain (ça se sent que j’ai plus de sous ?).

Mon premier conducteur est un homme qui rentre de weekend en famille, avec ses 2 enfants. L’aîné pose plein de questions (en japonais, son père traduit) sur ce qu’on connait de One Piece et Pokémon en France, la cadette me dit juste  » Koni-tiwa  » avant de se mettre du chocolat plein les doigts puis de s’endormir. Ils me déposent sur une aire d’autoroute avant la jonction, ils vont vers le Sud, je vais vers le Nord.
De là, il semble que tout le monde va vers Tokyo, et donc personne vers Sendaï. Je finis par monter dans la voiture d’une étudiante qui va vers Iwaki et me propose de me déposer à Koriyama; ça m’avance pas vraiment mais bon j’allais pas rester sur cette aire d’autoroute jusqu’au soir, et bon voilà elle était mignonne.

Koriyama s’avère un cauchemar pour faire du stop. Impossible de trouver un bon spot sans marcher 2h le long de la route sous le soleil de Juillet. Ironie : une fois arrivé à ce spot j’attends moins de 10 minutes avant de trouver le meilleur lift que j’ai jamais eu : une mère et sa fille qui allaient au début à Nihonmatsu mais m’amènent finalement jusqu’à la ville de Fukushima où elles m’offrent la spécialité de la ville, les gyozas.

La mère est interprète anglais-japonais et a passé quelques années en Malaisie, on parle du tremblement de terre, du tsunami et de l’accident nucléaire, et du retour à la normale. D’après les autorités, le niveau de radiations est revenu à un niveau vivable, similaire à d’autres villes du monde. Mais beaucoup d’habitants ont fui la préfecture, environ 100 000 et je les comprends. De Fukushima je prends le bus jusqu’à Sendaï où j’ai réservé un « hôtel capsule ».

Après ma brève visite du château de Sendaï, je pars donc vers la zone d’exclusion de Fukushima. Le long de la route, les dégâts du tsunami sont presque réparés (il a frappé plus fort au nord de Sendaï). Arrivé à Minamisoma, à la frontière de la zone, un sentiment de malaise s’empare de moi. Je me balade dans la ville et dans le parc, très silencieux. De nombreux commerces sont fermés. Des maisons sont encore en cours de décontamination. Ici les habitants qui sont restés essayent manifestement de reprendre la vie qu’ils menaient avant l’accident, mais la menace, invisible, est tangible.

La zone elle-même est assez petite, 2o kilomètres de distance à la centrale peut-être. Là,  toute vie s’est arrêtée le 11 Mars 2011, il y a 5 ans. Les gens ont laissé leurs maisons et leurs voitures, leurs bureaux, et sont partis pour ne jamais revenir. L’accès est évidemment interdit et pourtant la nationale qui passe au coeur de la zone est encore ouverte (mais pas entretenue.

Le bus passe 2 fois par jour dans ce décor post-apocalyptique. Toutes les intersections sont bloquées, sauf une, celle qui mène à la centrale. Le nombre de lys sauvages comme celles vues à Sazae-Do est impressionnant, elles poussent sur les trottoirs et dans les parkings des fast foods.

À la sortie de la zone, à Tatsuta, il est surprenant de retrouver une gare, des maisons, et même des rizières cultivées. Comment ces gens peuvent-ils vivre ici… Je rentre à Tokyo par la Joban Line pour une dernière nuit chez Takumi.

Hier c’était mercredi et j’ai retrouvé la famille que je n’avais pas vu depuis plus de 10 mois. On a pas pu faire grand chose encore, ils sont un peu claqués avec le décalage horaire, mais le programme des 3 prochaines semaines s’annonce intense et haut en couleur… Ce sera dans un prochain chapitre !

Chapitre 32 – Satu Hari di Hari Raya

(« Le jour de l’Aïd ». On a nos chants de Noël, la Malaisie a ses chansons de Raya, la fête de l’Aïd. Ça passe sur toutes les radios vers la fin du Ramadan, entre 2 hits, un peu comme si NRJ et France Culture diffusaient Mon Beau Sapin et Vive le Vent)

Fallait-il y voir un présage ? Lors de mon vol aller de Toulouse à Auckland en Septembre dernier, j’avais déjà fait escale à Kuala Lumpur. Je n’avais alors qu’une vague idée de ce qu’était ce pays ; c’était d’ailleurs la première fois que je mettais les pieds en Asie ! De rencontres en rencontres (dans lesquelles le hasard – ou le destin – ont joué un grand rôle), j’ai découvert une culture unique et appris à l’apprécier. 10 mois plus tard, je m’envole à nouveau depuis KL, et pourtant il faudra sûrement que j’y retourne.

Les Malaisiens eux-mêmes ne se doutent pas de la richesse de leur pays. Ce n’est bien sûr pas l’endroit idéal pour des vacances « consuméristes » comme peuvent l’être d’autres pays de la région. Assez peu de paysages comme la Nouvelle-Zélande, ou de vieilles pierres comme en Europe, pas de pyramides de Gizeh.

Non, cette richesse est beaucoup plus difficile à appréhender, si bien qu’il doit être facile de passer à côté. Elle tient à une culture multiethnique, Indiens, Chinois et Malais ayant tous modifié, adapté leurs traditions sur cette péninsule à la croisée des routes maritimes. Le bazar permanent dans les rues sales cache une douceur de vivre et une certaine philosophie de vie. La cuisine, bien sûr, est à des années-lumières de ce qu’on connaît en Europe,  toujours différente mais à chaque fois délicieuse.

Tout n’est pas rose en Malaisie, loin de là. Il y a la pollution, les déchets et la monoculture de palme, la discrimination raciale d’État et la corruption ambiante. Il fait chaud, moite et les embouteillages sont monnaie courante. Mais les Malaisiens prennent ça avec une désinvolture désarmante, vivent avec et gardent sourire et appétit. À nous d’en prendre de la graine !

J’en étais donc resté au 2 Juillet, jour où je dis au revoir à Mus et pars pour les Cameron Highlands. Le bus prend d’abord l’autoroute vers le Nord avant de bifurquer sur une petite route qui monte en lacets dans les montagnes. On arrive enfin à Tanah Rata, à 1500 mètres d’altitude, et là, grand bonheur : il fait frais ! Enfin, pas de quoi mettre un pull non plus, mais la chaleur pesante omniprésente depuis Singapour est partie, remplacée par une petite brise.

Dans ces conditions la marche du lendemain vers Gunung Brinchang, le sommet des environs, s’avère très agréable. Le sommet lui-même par contre est assez décevant, squatté par une dizaine d’antennes relais qui gâchent pas mal la vue. Sur le retour, deux Américains en vacances me conduisent en bas de la colline.

Les Cameron Highlands sont une région maraîchère fondée à la base par les anglais comme son nom le laissent supposer. Elle est notamment célèbre pour ses plantations de thé et ses fraises, et c’est ma fois très joli !

2 jours plus tard me voici reparti pour Penang, ma dernière escale. Penang est une île sur la côte Ouest qui s’est énormément développée après que les Anglais y ont fondé le port de Georgetown pour concurrencer Malacca. C’est aujourd’hui la deuxième ville du pays mais on y trouve une douceur de vivre qui la rend très agréable. La ville est tenue par les chinois qui y sont la première minorité devant les Malais, on y parle plus hokkien et manglish qu’ailleurs. Tous mes amis Malaisiens sont unanimes pour dire qu’on y trouve la meilleure nourriture du pays.

À Penang je rencontre à nouveau Grace (qui travaille à KL mais est rentrée pour Hari Raya) et SzeTeng. Par leur intermède je rencontre également Jasmine et Elaine qui se révéleront être mes guides pour les prochains jours. Jasmine est également une amie de Jinnie et Hoi Hoon mes collègues de Roxburgh (de Penang mais pas encore rentrées, mais ce n’est pas une coïncidence. En effet pour la saison des pommes 2015 Jasmine, SzeTeng et Grace étaient déjà collègues. Plus tard, SzeTeng m’a donné l’adresse de la packhouse et Jasmine l’a donnée à ses amies, nous sommes donc devenues collègues à notre tour pour la saison 2016. Vous suivez ?

Le 5 Juillet, c’est Hari Raya, Aid il Fitri , la fin du Ramadan. La tradition Malaise est de tenir « portes ouvertes » : dans chaque maison de la nourriture est préparée, et chaque famille va de maison en maison pour fêter la fin du jeûne. Jasmine (qui est Chinoise) nous emmène dans l’État du Perlis à la frontière avec la Thaïlande, dans la campagne au milieu des rizières où elle a 2 amies Malaises, et nous nous invitons ainsi à 2 open houses. C’est très bon, ça doit être une bonne journée pour les Musulmans qui visitent une quinzaine de maisons dans la journée !

Les jours suivants Jasmine et Elaine m’ont préparé un programme sportif (pas sûr que le regime nutritif soit adapté cependant, on fait que manger) : Jeudi, marche jusqu’au sommet de Penang Hill, colline surplombant l’île de 800m quand-même, Vendredi, marche dans le Parc National à l’Ouest de l’île puis kayak !

Enfin, Samedi, je vais visiter le temple de Kek Lok Si puis après un dernier dîner prends l’avion pour Kuala Lumpur. La nuit sera étonnament agréable sur un coin de moquette de l’aéroport. Je viens d’arriver à Tokyo où Takumi m’accueille chez lui. Sayonara !

Chapitre 31 – La Chaleur

Le vendredi 23 Juin, après le bus de nuit de Kuala Lumpur à Kuala Besut, je prends le ferry à l’aube pour Pulau Perhentian Kecil (« île Perhentian petite »). On est sur la côte Est du pays, près de la frontière avec la Thaïlande. Dans le ferry, environ 95 % de Français, et sur l’île, une grande majorité de touristes occidentaux venus pour plonger et voir les poissons. Je suis ici sur les conseils de plusieurs amis Malaisiens, qui m’ont logiquement aiguillé vers les destinations touristiques. Bon, y a pas à dire, c’est magnifique, un petit archipel paradisiaque aux eaux transparentes et à la jungle touffue.

Après 2 jours de marche dans la jungle et de baignade avec les poissons, je repars pour ma prochaine destination, Taman Negara, parc national (littéralement, Taman Negara se traduit par Parc National) situé au centre du pays. Des mini-bus conduisent les touristes directement de la jetée de Kuala Besut à Kuala Tahan, camp de base du parc. Mais ça serait trop facile ; je préfère prendre les bus locaux qui sont moins chers et me donnent moins l’impression d’être au zoo.

De Kuala Besut je partage donc un taxi jusqu’à Kota Bahru, ville principale de la région. C’est la capitale de l’État du Kelantan à très forte majorité musulmane, dont le gouvernement tente d’appliquer la charia. À des lieues des quartiers chinois de KL ou des moeurs libéraux des habitants des Perhentians, ici tous les noms de boutiques sont traduits en arabe.

Après une nuit à Kota Bahru, je prend un bus jusqu’à Temerloh (ce qui prend la journée), puis un bus local pour Jerantut. La route à travers le Kelantan et le Terengganu est très belle, passant à travers des rizières et longeant de belles maisons, dont le réservoir d’eau perché en hauteur rappelle un minaret. Mais au fur et à mesure qu’on s’approche de KL, les cultures et la jungle laissent place aux monocultures de palmiers à huile.

Je passe une autre nuit à Jerantut avant de partir pour Kuala Tahan, camp de base du parc national. Là encore sur la route, des champs d’huile à perte de vue… C’est seulement en arrivant à la lisière du parc qu’on voit enfin de la jungle… Heureusement qu’il est là.

La randonnée dans la jungle, c’est différent de la France ou de la Nouvelle-Zélande. La chaleur est si intense qu’on transpire à pouvoir en essorer le tshirt. La baignade dans la rivière à Lata Berkoh est une libération, et puis j’en ressors pas beaucoup plus trempé.

Le soir de mon arrivée, parti en quête d’eau potable dans les rues du village avec un californien, on se fait accoster par une équipe de film en quête de figurants. C’est ainsi qu’on se trouve le lendemain matin à jouer les touristes pour Foreign Bodies, une série anglaise encore en cours de production. Bon, la scène dure 5 secondes, mais il faut bien commencer sa carrière quelque part ! Et puis on y gagne le petit dejeuner, les boissons et le déjeuner, et 150 ringgits.

Le vendredi, je retourne à Kuala Lumpur et je vais passer une nuit chez Mus (qui est mon seul ami Malais rencontré en Nouvelle-Zélande, tous les autres sont Chinois). Il habite une heure au Sud de Kuala Lumpur dans un nouveau quartier. Nous brisons le jeûne du Ramadan ensemble (j’ai adapté mes habitudes alimentaires au Ramadan en grignotant discrètement pendant la journée et en prenant un gros repas le soir, c’est plus respectueux) mais je me lève trop tard pour le petit déjeuner (avant l’aube). Il ne peut m’héberger qu’une seule nuit car il vient de trouver un boulot et a pas mal à faire, mais prend quand-même le temps de me faire visiter Putrajaya, la ville nouvelle où le gouvernement a transféré ses bureaux.

Depuis KL je reprends un bus (je les aurai tous essayés) pour les Cameron Highlands où il fera plus frais !

Chapitre 30 – Stranger in a strange land

Iron Maiden – Stranger in a Strange Land

« One Malaysia », clament partout les affiches du Barisan National, le parti au pouvoir depuis 1957, et pourtant l’unité du pays pose question.

Physiquement, déjà, la Malaisie est séparée en deux parties : la Malaisie péninsulaire à l’Ouest où se concentrent la plupart des populations et activités,  et Sabah et Sarawak sur l’île de Borneo, beaucoup plus sauvages (et où je n’irai pas car les rares personnes que j’y connais sont encore en Nouvelle-Zélande).

Mais c’est aussi un pays un peu artificiel. Avant la colonisation, il y avait un grand nombre de royaumes Malais qu’on retrouve aujourd’hui sous la forme d’États qui composent la Fédération de Malaisie. La principale différence culturelle avec l’Indonésie est que la première était une colonie britannique,  la seconde une colonie hollandaise.

On trouve trois grands groupes ethniques en Malaisie : les Malais  (implantés depuis longtemps et convertis à l’Islam) forment 65% de la population, les Chinois et les Indiens (arrivés pendant la colonisation britannique) respectivement 25 et 10%. Là ou le slogan « One Malaysia » devient ironique c’est que les Musulmans (les Malais n’ont pas le choix, ils sont musulmans à la naissance) ont un certains nombres de privilèges garantis pour certains dans la Constitution. Ils ont par exemple accès plus facilement au logement ou aux universités. Un Chinois ne peut pas être élu Premier Ministre, ou doit se convertir à l’Islam pour épouser une malaise. La justification est que les Chinois sont globalement plus riches que les Malais, mais il y a aussi des Chinois et Indiens pauvres…

Pour autant la Malaisie n’est pas le pays du malaise (notez la subtilité de cet ingénieux jeu de mot), ses habitants cohabitant globalement sans problème. Le ressentiment est plus tourné vers le gouvernement qui a tous les défauts (notamment la corruption) que vers les Malais.

Mon voyage commence donc à Malacca le Vendredi 17 Juin après 4h de bus depuis Singapour. Et le Vendredi, c’est marché de nuit ! Je m’y rends sur les conseils de CJ (qui lui est encore en Nouvelle-Zélande). C’est un marché tenu par la communauté chinoise dans les rues du vieux centre-ville. On y trouve moults mets délicieux comme par exemple mon premier magret de canard en 9 mois, mais également toutes sortes de contrefaçons chinoises.

Ici difficile de passer inaperçu, blanc en territoire jaune (difficile de me monter en neige) je suis plusieurs fois abordé par des jeunes qui veulent une photo avec moi.

Le lendemain, je me ballade dans la partie européenne de la ville. Malacca a été capitale d’un puissant sultanat avant d’être capturée par les Portugais, puis les Hollandais et les Anglais de part sa position stratégique verrouillant le détroit du même nom. Chacun y a apporté sa touche d’originalité architecturale même si les Anglais ont détruit une grande partie de la ville. La ville a ensuite déclinée,  remplacée dans ses fonctions commerciales par Singapour et Georgetown (Penang) et dans ses fonctions politiques par Kuala Lumpur.

J’aurais bien ajouté des photos mais il se trouve que la nuit suivante je me suis fait voler appareil photo, portable et tablette pendant mon sommeil (la rédaction vous présente ses excuses pour cet imprévu et vous propose une recherche Google Images pour vous faire une idée. Un dédommagement du prix de l’article (0,00€) peut être obtenu en envoyant REFUND au 8200200). Au réveil c’est pas la joie, je pars visiter le commissariat. Heureusement j’ai toujours mon passeport et de quoi voyager, et j’étais déjà censé repartir l’après-midi pour Kuala Lumpur rejoindre Simon.

Kuala Lumpur. KL. Une mégapole immense, peut-être aussi peuplée que Singapour mais beaucoup plus étalée. Un réseau tentaculaire de voies rapides et de trains de banlieue découpe la ville en quartiers fermés et immenses centres commerciaux. En Malaisie, le litre de pétrole coûte 1,7 ringgits soit 40 centimes d’euro. Les voitures et motos, de toutes sortes et de tous âges sont partout.  Chaque immeuble de 20 étages comporte 5 étages de parking

De ce que je comprends c’est dans la culture asiatique de traiter celui qu’on héberge comme un roi. Simon possède un cyber-café qui lui laisse beaucoup de temps libre ; il passe donc ses journées avec moi pour me faire découvrir la ville et ses alentours, en compagnie le plus souvent de Casey (une autre collègue de Roxburgh) et parfois d’autres amis à lui. Et insiste pour tout payer ce qui est très gênant pour moi Européen.

Le premier endroit que nous visitons est une boutique de téléphones. J’ai dû passer trop de temps avec des asiatiques ; je m’achète un smartphone (mais un vieux quand-même faut pas déconner). Il faut dire que c’est très pratique, avec un objet je remplace les trois que j’ai perdus…

Puis ce sont les Batu Caves, passage obligé pour le touriste. De très belles grottes ont été aménagées en temple hindou. C’est impressionnant mais l’aménagement intérieur des grottes, très fonctionnel n’est pas super beau. Les singes sont partout et sont très agressifs, attrapant tous les sacs plastiques, bouteilles, et même offrandes de fleurs.

Nous sortons ensuite de la ville pour nous rendre à Kuala Selangor, ancien fort Malais surveillant le détroit, puis à Sekinchan, village de pêcheurs chinois. Les gens y vivent encore sur des maisons en bois sur pilotis. Le soir on y mange au restaurant des spécialités à base de fruits de mer, c’est délicieux !

Le lendemain, Frederick et Laissa, 2 collègues Allemands, ont une escale de quelques heures à Kuala Lumpur. 3 petites heures qui sont bien employées à visiter le centre-ville et leur faire goûter un maximum de spécialités ! On va notamment au pied des tours Petronas, qui selon le musée de l’architecture de Malacca rappellent par leur forme l’étoile à 8 branches (symbole de l’Islam) et selon Simon un épi de maïs.

Le mercredi, réveil tôt le matin pour aller escalader avec la copine de Simon et sa sœur Bukit Tabur dans l’Est de la ville, puis Independance Day au cinéma (l’affiche montrait les tours Petronas détruites mais il n’en est rien, déception) et rencontre avec les amis du 85 : Grace, Mus et Jason.

Enfin, pour le dernier jour avant de quitter KL, nous nous rendons au Bird Park pour voir les oiseaux, puis au musée national qui raconte l’histoire du pays de manière (presque) impartiale (on sent qu’ils ont une cohésion nationale à maintenir).

Le vendredi 24 je prends le bus de nuit jusqu’à Kuala Besut sur la côte Est pour me rendre aux îles Perhentian, je vous raconte bientôt !

Chapitre 29 – Sous les sunlights des tropiques

Gilbert Montagné – Sous les sunlights des tropiques

(Je pose ça là)

Dès l’arrivée à Singapour le 11 Juin au soir, le dépaysement est total. Pour la première fois de ma vie, je suis le seul blanc dans le métro. Une fois arrivé en centre-ville, je remonte à la surface, et là, deuxième choc : la chaleur est intense même au crépuscule. On est juste au dessus de l’équateur. Loin, bien loin de l’hiver néo-zélandais et de l’automne australien.

Il faut resituer un peu le contexte, on parle là d’une ville au nom Indien qui a longtemps été capitale des Malais avant d’être détruite par les Portugais, refondée par les Anglais et est aujourd’hui majoritairement peuplée par les Chinois. À l’heure actuelle on est sur 75% de Chinois, 20% de Malais et 5% d’Indiens et Européens (selon mes sources locales). Niveau religion, dans les 40% de Bouddhistes (différents courants), 25% de Chrétiens (différentes églises), 20% de Musulmans à la louche. C’est un joyeux bazar.

Mon auberge se situe près de Bugis, dans le quartier Musulman, originellement Malais mais dans ma rue c’est beaucoup d’Arabes, de Turcs, de Persans qui vendent des tapis et des kébabs. Le soir, le muezzin chante pour annoncer la fin du jeûne quotidien (j’avais pas calculé avant ça que j’allais passer le mois du ramadan dans le pays à majorité musulmane qu’est la Malaisie). C’est une des rares zones conservées de la ville du XIXe siècle et c’est plutôt mignon.

Au début en marchant dans le centre-ville, je croise que des touristes qui suffoquent comme moi sous le soleil écrasant. À la recherche d’un adaptateur de courant, je rentre dans un centre commercial et là, je comprends : tous les locaux sont là à profiter de la climatisation ! Des centres commerciaux, il y en a plein, et partout, à tel point qu’il est possible de remonter certaines rues sans passer à l’extérieur, rien qu’en passant de mall en mall.

Au cours de mon séjour je rencontre Jeanette, Faith, Dominic, Eugene, Yan Jun qui se font un devoir de parfaire mon éducation culinaire. Murtabak, roti john, nasi goreng pattaya, chilli stingray, satay chicken, laksa, et plein de trucs dont j’ai oublié le nom (vous m’excuserez), c’est l’attraction principale ici comme ça le sera en Malaisie sans doute, c’est pas cher et très bon.

Tout le monde s’étonne que je reste 6 jours dans la ville, arguant qu’il n’y a pas grand chose à y voir et que la plupart des touristes restent 3 jours, mais c’est une culture qui devient fascinante quand on s’aventure au-delà des vitrines que sont la Marina ou Chinatown pour voir l’arrière-boutique, les quartiers où vivent vraiment les Singapouriens.

La langue, ici, c’est l’anglais, ou plutôt le Singlish (pour Singaporean English). Au départ pidgin servant à la communication entre les communautés, c’est aujourd’hui la langue maternelle d’une majorité de la population. On est proche du Manglish malaisien puisque les bases sont les mêmes, avec quelques subtilités. La grammaire est un peu plus construite mais toujours avec des « la »,  » meh », « wo » qui ponctuent les phrases, c’est délicieux ! À attraper à la volée car ils utilisent un anglais beaucoup plus standard quand ils parlent à un « ang moh » (blanc).

Singapour a 2 visages qui paraissent difficilement conciliables. D’un côté il y a les habitants qui perpétuent leurs différentes traditions, langues, religions, dans les vieux quartiers mais aussi dans les grands immeubles où la majorité vit aujourd’hui. C’est tout ce qu’on peut se représenter de clichés sur l’Asie, dédales impénétrables de marchés populaires et de petits boui-bouis.

De l’autre il y a cet aspect absolument occidental du Singapour moderne, une cité-État d’envergure mondiale, à la pointe de la finance, de la mode et des dernières technologies, au niveau de vie supérieur au niveau de vie français. La population se rêve aussi occidentale, en partie sous l’impulsion du gouvernement qui y voit une façon comme une autre d’atténuer les différences ethniques.

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Campagne de promotion des transports en commun – elle est bien blanche

C’est la skyline du CBD derrière le temple ou la mosquée, c’est des gosses qui crient en Singlish par dessus une voix annonçant la station de métro en anglais standard BBC, c’est la vendeuse du café, voilée qui te sert donut ou brownie pendant le ramadan. Quelque part entre Europe et Asie, une ville-monde en quelque sorte.

En me baladant autour de Chinatown, je tombe par hasard sur la City Gallery. Personne ne me l’avait conseillée et d’ailleurs le nom ne dit rien à ceux à qui j’en ai parlé après, et pourtant c’est extrêmement intéressant : y est expliqué l’aménagement de Singapour dans les 50 dernières années, de façon très complète. C’est d’autant plus instructif que les défis inhérents à la cité-État, les méthodes développées et leurs succès sont assez uniques.

Singapour est aussi une ville extrêmement stricte, et le gouvernement est un poil paranoïaque. Il y a les célèbres multiples interdictions : pas de chewing gums, pas de nourriture dans le métro, et plein d’autres à tel point que j’ai toujours un peu peur d’enfreindre une loi sans le savoir. Il y a aussi l’omniprésence des caméras de sécurité, mais aussi le service militaire de 2 ans obligatoire pour chaque jeune homme. La défense est un sujet pris très au sérieux ici. On compare vite le pays à Israël (Les similitudes sont là même si la comparaison à ses limites : des étrangers venus occuper une terre musulmane pendant l’occupation britannique, maintenant entourés par l’islam. Ça reste beaucoup plus détendu quand-même.) ou à un îlot assiégé.

(J’ai épuisé la capacité de stockage offerte par WordPress, j’insère des albums imgur maintenant)

La jungle n’est pas seulement urbaine : au centre de l’île, de grands espaces naturels sont préservés pour garantir la collecte d’eau potable au moyen de réservoirs. Ça serait idéal pour une rando s’il ne faisait pas aussi chaud !

Demain, je traverse la frontière et rejoins Malacca en Malaisie ! Ce sera un retour sur le continent après 9 mois dans les îles !

Chapitre 28 – Take the long way home

Supertramp – Take the long way home

(Encore du Supertramp, celle-ci devrait pas être bloquée en France vu que c’est Hodgson qui l’a uploadée, si vous voulez la version studio vous pouvez essayer Spotify, Deezer ou The Pirate Bay)

Melbourne est une ville plus grande que ce à quoi je m’attendais : 4 millions d’habitants, soit quasiment la population de la Nouvelle-Zélande. Ça fait un choc.

Dans le CBD (Central Business District, à l’Américaine) les vieux bâtiments coloniaux sont écrasés entre des gratte-ciel toujours plus hauts. Dans les rues, des gens et des restaurants de toutes origines. Il fait plutôt moche mais quand-même beaucoup moins froid qu’à Christchurch (il était temps de s’enfuir !). Je suis un peu perdu et après avoir regardé la météo, je décide de partir le lundi sur la Great Ocean Road toute proche.

2 jours après être arrivé donc, je prends le train en direction de Geelong, et de là rejoins la route pour y faire du stop. Au cours de la journée je suis pris par des locaux de tous ages et aux modes de vie très différents, de l’agent en assurances au surfer hippie en passant par les étudiants en weekend et une mère en route pour retrouver sa fille. Ils sont tous très gentils et font des détours pour me montrer la plage, les kangourous ou les koalas.

Arrivé vers 2 heures de l’après-midi à Apollo Bay, j’hésite un peu à continuer ; la prochaine ville où il y a une auberge, Port Campbell est encore assez loin. Environ 1h30 de route pour encore 3h de lumière du jour, je décide que c’est jouable car jusqu’ici j’ai eu des lifts assez facilement à chaque fois. Et pour cause : il n’y a qu’une seule route, tout le monde va dans la même direction.

Malheureusement les gens qui me prennent en stop ne vont jamais très loin et ne m’emmènent qu’au prochain village. J’attends trop longtemps à Castle Cove et à Lavers Hill, jusqu’à ce que la nuit tombe. De là, deux jeunes hippies me conduisent jusqu’à Princetown après être passés chez un pote à eux qui aurait pu m’héberger mais qui n’était pas là.

Enfin, un dernier mec un peu flippant (son camion sent très fort le bovin et il parle très lentement – un peu comme le mec de Seven) s’avère être super sympa et fait un détour pour me déposer devant l’auberge de Port Campbell. Il n’est que 7h du soir mais il fait déjà nuit noire ! Au total ce sont 9 conducteurs différents qui m’auront pris en stop dans la journée.

Le lendemain, il fait nettement plus moche, mais je me joins quand-même à 3 Singapouriens (je vous jure que je fais pas exprès de me retrouver avec des Asiats à chaque fois, ce soir là ils étaient 5 Singapouriens dans ma chambre !) pour aller visiter les spots des environs (notamment ceux que j’avais ratés à cause de la nuit).

Après une nuit de plus à Port Campbell, la météo m’ayant dissuadé de poursuivre jusqu’aux Grampians je rentre avec eux par la même Great Ocean Road jusqu’à Melbourne. Si c’est une ville qui doit être plutôt agréable à vivre, en tant que touriste on a vite fait le tour, d’autant plus que la plupart des musées sont payants. J’ai quand-même visité le musée de l’immigration où l’on apprend que  jusqu’aux années 70 la politique officielle d’immigration s’appelait « White Australia ». Ambiance. Et on ne parle même pas des aborigènes…

De fait j’ai un ressenti un peu mitigé sur cette semaine australienne. Culturellement, c’est un peu entre la Nouvelle-Zélande et les États-Unis, pas bien folichon (à part le côté multiculturel, mais je suis pas trop rentré dedans).

C’est donc plutôt mon escapade sur la Great Ocean Road que j’aurais trouvée intéressante, même si on reste sur des chemins balisés j’ai pu y voir quelques bouts de terre rouge et un aperçu de l’outback sauvage, peut-être une prochaine fois !

Pour l’heure je suis à Singapour depuis hier, et il fait nettement plus chaud, mais ça, ça sera pour un autre chapitre !

Chapitre 27 – Snow

Red Hot Chili Peppers – Snow (Hey Oh)

(C’est marrant, ici pour faire court on les appelle les Chilis, alors qu’en France on dit les Redots)

À peine le temps de réaliser que c’est fini et je suis déjà en Australie. Ce sont au final 9 mois de m vie que j’aurai vécu à Aotearoa, la terre du long nuage blanc, 9 mois au bout du monde qui sont passés extrêmement vite. Ceci dit il était temps de s’échapper car « Winter is coming » comme le dit un célèbre philosophe moderne.

Mes derniers jours, je les ai passés dans l’étonnante ville de Christchurch. C’est la plus grande ville de l’île du Sud et elle devait ressembler à peu de choses près à toutes les autres avant les terribles tremblements de terre de 2011. Dans le centre-ville, où se situe l’épicentre, c’est 80% des bâtiments qui ont été détruits. 5 ans après, la reconstruction bat son plein mais il y a encore beaucoup de chemin à faire. Des gratte-ciel s’élèvent entre les terrains vagues et les ruines ont été investies par les grapheurs. Ailleurs, la vie continue : en bonne ville occidentale étalée, Christchurch n’a pas vraiment besoin de son centre ancien, il y a tout ce qu’il faut dans les malls.

Ce qui est passionnant, c’est que le séisme, en faisant table rase, permet le débat sur la nouvelle ville qu’on va bâtir. On se demande que faire de la cathédrale à moitié détruite. On voit apparaître quelques pistes cyclables ou un pôle multimodal mais de nombreux terrains vagues sont reconvertis en parkings en attendant leur reconstruction.

Pour moi, c’est l’occasion de souffler un peu (dans le quartier d’Opawa qui est très mignon avec beaucoup de vieilles maisons et d’arbres au creux d’un méandre), de revoir plein d’amis pour la plupart rencontrés à Auckland (je vais notamment avec Eric et Lara dîner au Tramway Restaurant, bien cher mais inoubliable), de m’occuper de quelques démarches et aussi de faire deux dernières escapades !

Le Jeudi 27 Mai nous partons à 5 colocs pour Akaroa dans la Banks Peninsula. Là dans le cratère d’un immense volcan endormi se trouve un port de pêche connu pour être la ville française de Nouvelle-Zélande. Il servait de base au XIXe siècle pour les baleiniers. Il ne reste plus grand chose de cet héritage à part quelques noms et boutiques de souvenirs mais c’est très joli.

Le Mercredi 1er Juin, je prends le train pour Arthur’s Pass avec Jinnie, collègue Malaisienne de Roxburgh. C’est une ligne historique qui coupe à travers les Alpes pour rejoindre la côte Ouest. Si elle était utilisée à l’origine par les pionniers dans leur ruée vers l’or elle a depuis été reconvertie pour les touristes, avec des grandes fenêtres et même un wagon extérieur pour profiter des paysages.

Une fois sur place, la neige est partout ! Tout est tombé pendant les dernières semaines. Pour Jinnie, c’est la première fois qu’elle en voit en 29 ans : bonhommes de neige et multiples photos. On passe la nuit sur place et on s’attaque le lendemain à Avalanche Peak, même si on ne va pas tout en haut, rapport aux avalanches.

Pour le retour, le train est annulé à cause d’un accident (pire que la SNCF !) et est remplacé par un bus dans la soirée. Ça aurait été l’occasion de voir une autre route mais il fait vite nuit…

Je finis d’écrire cet article dans l’avion alors qu’il semble fuir le lever du soleil. J’ai un sentiment bizarre et complexe, entre tristesse de quitter la Nouvelle-Zélande et satisfaction par rapport au chemin accompli, appréhensions et expectatives concernant la route qui m’attend, et gros manque de sommeil. Je ne resterai à Melbourne que pour une semaine, l’Australie me fait envie mais je veux être sur de bien prendre le temps pour visiter le pays. Là il ne s’agira que de prendre la température et peut-être d’aller faire un tour sur la Great Ocean Road toute proche !