Chapitre 3 : La mer

Charles Trenet – La Mer

La routine s’installe peu à peu au Motel Albert N° 6 où je dors depuis quelques jours. J’ai pu récupérer un meilleur lit depuis qu’un couple de chinois est parti (c’est comme une petite victoire, le lit aujourd’hui, le Vietnam demain) et on est partis samedi récupérer des coques (appelées localement pi-pis) à marée basse. L’eau est froide encore malheureusement, mais ça va s’arranger avec le temps (contrairement à chez vous 😀 ). On est partis ensuite jusqu’à la petite ville de Hahei d’où part le chemin qui rejoint Cathedral Cove. La ville est juste de l’autre côté de la baie mais il faut bien 30 minutes de route pour y arriver en faisant le tour.

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La suite se fait à pied par un petit chemin qui serpente au milieu de la végétation le long des falaises. Un premier chemin descend, un panneau indique Stingray Bay mais je ne pensais pas y voir de vraies raies ! Il y en avait bien 4 ou 5 qui nagaient à quelques mètres de la plage. Déjà rien qu’autour de cette baie les falaises sont magnifiques, tout comme les îles au large.

Mais l’attraction principale est sans aucun doute Cathedral Cove, située un peu plus loin sur le chemin. Il s’agit d’un long tunnel creusé par les vagues, reliant 2 criques entre elles. Il est plutôt célèbre et a notamment été utilisé pour un des films de Narnia (que je n’ai pas vu), du coup il y avait pas mal de monde, des touristes mais aussi des ados maories en pleine partie de « beach rugby ». Bon voilà quelques degrés de plus, quelques personnes en moins et on se rapproche d’une certaine idée du paradis sur Terre.

Le soir,  » Dow di djou » petit jeu de cartes chinois qui se joue à 3, je vais essayer de résumer les règles ici pour m’en souvenir. Le principe de base est le même que celui du trou du cul : celui qui pose toutes ses cartes en premier a gagné, l’ordre va du 3 au roi puis as, 2 et jokers. On peut jouer par simples, par doubles, par triples (jusque là c’est pas trop dépaysant) mais aussi des suites (au moins 5 cartes, voire plus), des suites de doubles (au moins 3 doubles), des combinaisons d’un triple plus une carte, un triple plus un double, ou bien encore de 2 triples qui se suivent plus 2 cartes. On peut ensuite renchérir avec une combinaison similaire plus haute, ou dire « chante Sloubi » (les références à Kaamelott ou comment rendre une explication compliquée encore plus compliquée). Certaines combinaisons font une « bombe », l’équivalent du 2 français. Ce sont les quadruples et le double joker. Celui qui en a peut les poser à n’importe quel pli, il arrête le pli en cours et remporte la main pour le pli suivant. Le double-joker est néanmoins une super bombe qui peut battre les quadruples.

L’autre subtilité est que ce jeu se joue à 1 contre 2. Une carte est retournée dans le paquet distribué et un chien de 3 cartes est mis de côté (comme au tarot). La personne à qui est distribuée la carte retournée est désignée comme « di djou » (le « méchant »). Elle peut accepter ce rôle ou passer. Les autres aussi à tour de rôle. Si personne ne prend, la personne qui avait été désignée est forcée de prendre. Elle montre le chien et le met dans son jeu. Dès lors les 2 autres joueurs sont contre elle ( » Dow di djou » : « contre le méchant ») : ils ne peuvent pas se montrer leurs jeux mais si l’un des 2 gagne elle a perdu. On peut jouer avec des gages aussi.

Ensuite hier à la suite d’une matinée particulièrement ardue (weekend oblige), direction le Nord pour une petite randonnée de 2 heures dans une vallée montagneuse. La différence avec Comus et les Pyrénées est subtile mais réside bel et bien dans le climat. La jungle qui occupe la vallée est en effet une réserve naturelle et notamment un sanctuaire pour le kiwi (que l’on aura pas vu) et le kauri (un très bel arbre dont la résine a longtemps servi de chewing gums aux Maoris, qui a été un peu trop exploité et est maintenant mis en danger par un parasite. Il convient donc de se nettoyer les chaussures avant et après la balade pour éviter sa propagation. C’est très sérieux.)

Le chemin passe également devant des entrées de mines d’or abandonnées, aujourd’hui complètement recouvertes par la végétation. On serait bien allés à l’intérieur mais le sol était inondé. C’était quand-même bien sympa même si les asiatiques marchent pas super vite, il faut le dire !

Suite à ça on a repris la voiture vers le Nord et la plage de Matarangi où le sable est très fin, la vue superbe et l’eau toujours aussi froide. Au moins on était tous seuls !

Aujourd’hui je suis à la bibliothèque pour uploader les photos, après ça j’ai rendez-vous à la banque pour ouvrir un compte en banque (il serait temps). J’ai encore une dizaine de jours avant de partir de Whitianga, après quoi je ne sais pas trop encore où je vais (je suis en train d’y réfléchir) mais où j’essaierai de trouver un travail rémunéré quand-même, sinon ça va pas nous mener bien loin cette affaire.

2 réflexions sur “Chapitre 3 : La mer

  1. Cécile Jebeili

    Mais sinon, ça ne serait pas plus simple de faire une petite partie de cul-de-chouette et de relancer de 15 ?
    Bonjour Robin, enchantée de lire votre blog et ravie de voir que vous vous acclimatez très vite et très bien, ce qui ne m’étonne guère.
    Je reviendrai lire vos récits de voyage, qui ne manqueront pas d’être passionnants, j’en suis sûre, surtout avec votre talent pour l’écriture.
    A bientôt donc
    Cécile

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