Chapitre 7 : La Vie en Rose

Édith Piaf – La Vie en Rose

Je suis donc parti pour rester 2 ou 3 mois à Paremoremo Road dans cette maison tenue par des taïwanais pendant que je travaillerai à la ferme à cueillir des fraises. Ce n’est pas exactement ce que je m’attendais à vivre en partant en Nouvelle-Zélande (enfin, je m’attendais pas spécialement à grand chose), mais finalement c’est ça voyager, savoir s’accommoder de l’imprévu !

Il faut vous parler un peu de mes « colocataires ». Venant de Taïwan, de Chine, de Hong Kong, de Malaisie et de Singapour ils parlent tous le mandarin même si leur langue maternelle est presque toujours une autre langue. Ce sont un peu des chanceux : les places sont très limitées pour le visa vacances-travail  (1000 par an pour toute la Chine par exemple) et selon les pays la Nouvelle-Zélande est le seul ou l’un des deux seuls avec l’Australie à avoir passé un accord avec leur gouvernement. À titre de comparaison, un citoyen français a le choix entre 10 destinations et le seul pays qui limite les places est le Canada. En plus de ça ils ont comme moi une obligation d’avoir les ressources suffisantes pour vivre dans le pays (2000$ à l’arrivée).

Autant dire que leur niveau de vie est le même qu’en Europe (ce qui ne veut pas dire qu’ils sont représentatifs de l’ensemble de leur pays, notamment les chinois et malais), ils ont tous fait des études et globalement on est pas trop dépaysé.

C’est assez intéressant de parler politique avec eux. Liberté de l’Internet avec les chinois (Facebook et Google y étant bannis), manifestations « aux parapluies » avec les Hong kongaises (2 d’entre elles y ayant participé), conflit avec la Chine pour les taïwanais (de l’histoire ancienne m’assurent-t-ils) ou encore monopartisme avec les Singapouriennes… Les avis vont de l’indifférence (oui c’est normal qu’ils aient banni Google, c’est pas facile de contrôler 1 milliard de personnes) à l’envie de changement, mais globalement en parlant avec ceux qui feront ces pays demain on se dit qu’il va sûrement se passer quelque chose de majeur dans les prochaines années.

Un autre truc assez étonnant c’est leurs noms. Leur nom chinois étant le plus souvent impossible à retenir voire à prononcer pour un occidental, ils ont à peu près tous choisi un nom anglais. Il y a ainsi dans la maison 3 Jason, Edward, Eric, Dominic, CJ, Byron, Johnny, Nicholas, Kuki, Lemon, Cheryl, Wendy, Ann, Ikea, Yo-Yo, Hannah, Chloe… Il y a même une Singapourienne qui a fait 2 ans de Français et qui le parle vraiment bien (Jeanette dédicace si tu me lis !).

Les asiatiques sont vraiment des fans inconditionnels de la France. Ils en ont cette vision romancée qu’on peut trouver dans les films ou sur une carte postale, entre l’appartement parisien avec vue sur la Tour Effeil et les batifolages dans les champs de lavande provençaux. Apparemment d’après l’une d’entre eux ils ont des sortes de fictions chinoises à l’eau de rose se déroulant en France et mettant systématiquement en scène en plus des élément suscités un vignoble et un château luxueux. Ils m’ont demandé de chanter La Vie en Rose mais je connaissais pas toutes les paroles, j’espère qu’ils (elles) sont pas trop déçus.

Pour ne rien arranger, tous les asiatiques ont les cheveux noirs et les yeux foncés, or la propagande américaine a fait son boulot et implanté des idéaux de beauté occidentaux, certains et certaines allant jusqu’à se teindre les cheveux. Je me découvre ainsi dans ce nouveau foyer être un parangon de beauté, ce que je soupçonnais jusqu’ici assez peu je dois le dire. Filles comme garçons s’accordent ainsi pour dire que je suis « handsome », c’est un peu difficile de rester modeste mais à la longue on s’y fait plutôt bien, c’est pas foncièrement désagréable.

Au final (passés les premiers jours où j’étais plus considéré pour l’image que je portais que pour ce que j’étais vraiment) je m’intègre plutôt bien, surtout quand ils sont seuls ou par petits groupes, ils font l’effort de parler anglais et c’est vraiment sympa. Quand ils sont nombreux par contre leur niveau d’anglais étant pas toujours au top ils font moins l’effort et c’est plus difficile, heureusement il y a internet, je survis ! Edward, le mec avec qui je partage ma chambre (lit superposé, qu’allez-vous donc imaginer), est sûrement celui qui a le pire niveau d’anglais dans le lot, on communique en langage des signes (l’autre fois il a utilisé Google trad pour me demander s’il pouvait éteindre la lumière), c’est plutôt drôle. Du coup j’ai téléchargé une application pour apprendre le chinois, j’espère revenir bilingue !

Sinon voici quelques photos d’une balade à Brown’s Bay, dans la banlieue pas très loin :

Et d’autres photos prises au marché du dimanche matin d’Avondale, sûrement le plus cosmopolite que j’ai jamais vu avec des Maoris, des Chinois, des kiwis, des hipsters et des Indiens, des témoins de Jéhovah et des proselytes musulmans pakistanais, des légumes pas cher, des brocanteurs et des kebabs thaïlandais…

3 réflexions sur “Chapitre 7 : La Vie en Rose

  1. Irène Demars Puchaczewski

    Merci Robin de nous conter tes aventures, je pense que tu pourras éditer un livre à la fin de ton voyage, ne serait-ce que pour tes futurs petits-enfants 😀
    En attendant nous profitons de tes photos pour « voyager  » et sommes heureux de savoir que tout va bien pour toi. Nous t’embrassons bien fort. 💌

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