Chapitre 12 : God is in the Radio

Queens of the Stone Age – God is in the Radio

À la packhouse, il y a la radio, et heureusement, parce qu’à force de répéter le même geste 1000 fois par jour on pourrait finir par s’ennuyer.

Il y a Auckland Mix, qui cache derrière son nom de set de DJ local une sorte de Radio Nostalgie passant exclusivement des tubes des années 80 et 90 (attention, pas d’années 70 jamais). C’est un peu l’overdose de pop songs sirupeuses, de Hard FM aseptisé et de synthés dégoulinants, en plus en ce moment ils passent des chansons de Noël, mais heureusement tout n’est pas à jeter dans ces décennies, et puis c’est la radio préférée de la patronne.

Il y a The Hits, qui porte bien son nom puisque sa playlist dont elle ne dévie jamais d’un poil comporte environ 30 tubes du moment qu’elle repasse en boucle, ainsi que quelques gros tubes du passé à raison d’un par heure. Je dis pas qu’il y a pas 2-3 morceaux qui surnagent au dessus de la soupe de John Legend, Ed Sheeran et One Direction mais à force de les entendre tous les jours ça devient presque plus agaçant que le travail lui-même.

Enfin il y a Hurricane, qui passe une playlist beaucoup plus variée mais se basant principalement sur le rock des années 90-2000. Forcément c’est ma préférée, pas seulement parce qu’on y entend du Nirvana, du Radiohead ou du Queens of the Stone Age mais surtout parce que c’est beaucoup plus éclectique et surprenant dans la programmation. J’ai pu y entendre notamment des artistes français tels que Kavinsky ou Phoenix, et plein de trucs que je connais pas. Malheureusement ça plait moins à la patronne qui a un peu de mal avec les Beastie Boys ou Rage Against The Machine.

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Il y a une autruche dans le jardin du voisin, elle est là tous les jours OKLM
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Le saviez-vous ? En chinois, autruche se dit « dio-nião » !

Mais si belle que soit cette autruche, on ne peut pas s’arrêter là ! Je n’ai pas pu résister à l’envie de vous faire une liste des petites observations que j’ai pu faire sur les us et coutumes de mes colocataires. C’est innocent et affectueux (ils sont vraiment tous super sympa) mais libre à vous de remplacer le sujet de ces observations par « les asiatiques »,  » les chinois », ou bien encore « les jaunes » pour un effet des plus avantageux lors de votre prochaine visite au bar du coin !

– Ils ne peuvent absolument pas rentrer dans la maison avec des chaussures, ne serait-ce qu’un seul pas. Faut dire qu’il y a de la moquette partout et qu’ils y sont toujours pieds nus.

– Ils utilisent un « rice cooker », une petite machine pour cuisiner leur riz, et sont hyper étonnés que je les cuisine à la casserole, ils disent que je le fais  » à la traditionnelle  » alors que bon je fais surtout comme je peux hein.

– Ils n’ont à l’inverse jamais vu de lave-vaisselle.

– Ils mangent généralement dans des bols avec une cuillère ou des baguettes, et boivent dans des tasses ou à même la gourd. Il y a quand-même des assiettes et des fourchettes mais il n’y a pas de verres dans la vaisselle de la maison.

– Ils utilisent une pastèque pour caler la porte de la cuisine et la maintenir ouverte ou fermée. Au début je pensais que cette pastèque était à quelqu’un et qu’il ferait mieux de la garder autre part, mais après un mois et demie, il faut se rendre à l’évidence, elle ne sera pas mangée. Quand on y réfléchit c’est beaucoup plus malin que ça en a l’air : la pastèque est assez lourde pour retenir la porte efficacement mais ne l’abîme pas comme pourrait le faire un gros caillou, elle peut rouler mais pas trop, on peut même lui trouver de certaines qualités esthétiques. C’est presque aussi bien qu’une cale !

– Ils aiment beaucoup partager la nourriture de manière générale ; de temps en temps ils cuisinent un « hot pot », grosse marmite de soupe où chacun met viande, tofu, nouilles, légumes, épices pour ensuite manger tous ensemble (avec du riz).

– Les desserts traditionnels qu’il m’a été donné l’occasion de goûter sont très souvent des soupes sucrées, ce qui surprend de prime abord ; soupe de cacahuètes ou de haricots (mais pas les mêmes qu’en Europe) ou encore lait de coco avec de petites billes faites en amidon de riz. Ils font aussi parfois des bouchées en pâte de riz.

– Je veux pas tirer sur l’ambulance mais ils prennent des photos très souvent. Ils prennent une photo de tout plat qui sort un peu de l’ordinaire avant de commencer à manger (très dur pour moi de devoir attendre qu’ils trouvent le bon angle et la bonne lumière avant de pouvoir me jeter dessus). Il est également dans les moeurs de prendre une photo avec un ami au moment de lui dire au revoir. Les selfies et « we-fies » (un selfies à plusieurs) sont légions et chaque hot pot est l’occasion d’une photo de groupe.

– De manière générale je trouve qu’ils ont beaucoup plus vite intégré les nouvelles technologies dans leur quotidien que les gens que je connais en France, pour le meilleur et pour le pire, chacun a un smartphone et le réflexe est vif dès qu’il y a besoin d’une traduction, d’une adresse, d’une photo, d’une information.

– J’ai une théorie selon laquelle toute chanson chinoise serait une chanson d’amour (ou de rupture). C’est en tout cas mon impression basée sur des statistiques très élaborées compilant les réponses à ma question « et cette chanson, de quoi elle parle ? »

– Beaucoup de mes colocataires se teignent les cheveux, surtout les filles mais quelques garçons aussi. Faut dire que sinon, ils ont tous les mêmes. Ils m’ont d’ailleurs demandé à 3 reprises si je me teignais les miens, observant notamment qu’ils n’étaient pas de la même couleur que mes sourcils.

– Ils se protègent aussi très précautionneusement du soleil, et pas seulement parce que la Nouvelle-Zélande détient le record du monde de cancers de la peau (à cause du trou dans la couche d’ozone) : une peau pâle est pour eux synonyme de beauté.

C’est à peu près tout pour le moment mais je vous sortirai sûrement une autre collection d’observations du même genre, cette fois-ci sur les néo-zélandais, y a pas de raison qu’il y ait que les Chinois qui y aient droit !

Quant à moi, j’ai finalement prolongé mon séjour un peu plus longtemps (ou plutôt, je suis revenu aux plans initiaux, quand je vous parlais de 2-3 mois). J’ai développé une approche stoïque de mon travail (c’est sûrement le mieux à faire) et ça me permettra de partir avec un peu plus d’argent en poche, histoire d’être plus serein et de pouvoir voyager un peu plus longtemps. Je ne suis pas fixé à 100% mais il se pourrait bien que je parte pour un petit tour dans le Northland juste avant ou juste après Noël, pour ensuite aller passer le nouvel an à Hamilton et mettre le cap au Sud.

3 réflexions sur “Chapitre 12 : God is in the Radio

    1. (Ouais fin j’aurais pu numéroter les anecdotes et appeler l’article « Top 10 des choses que les Chinois ne font vraiment pas comme nous, le 7 va vous étonner », là c’est juste une façon comme une autre de parler de la vie ici ^^)
      Sinon ouais ça sera la première fois, d’ailleurs c’est que la deuxième que je traverse l’équateur !

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