Chapitre 22 : Le Sud

Nino Ferrer – Le Sud

C’est un endroit qui ressemble à l’Irlande, à la Norvège
Y a des moutons accrochés sur les falaises, et de la neige…

C’est un véritable roadtrip d’une dizaine de jours que je vais vous conter là, et profitez-en bien, car ce sera le dernier avant longtemps.

On peut commencer à Oamaru le 20 Février, quand après une dernière matinée à peindre les fenêtres avec Doug, son ami Russell, prof de géographie à la retraite qui avait à faire en ville, passe me prendre pour une « scenic ride » jusqu’à Dunedin. On fait un petit détour pour prendre la sinueuse route côtière qui avait longtemps été le seul accès à la ville depuis le Nord.

Il me dépose dans le centre où je retrouve Gaspard (que j’avais rencontré au camping de Cromwell pendant la nuit que j’avais passée là-bas). On part directement pour la Otago Peninsula, à proximité immédiate de Dunedin. Après avoir prononcé son nom à la française, on décide de ne pas nous rendre au Larnach Castle, « seul château du pays » qui serait en fait plutôt un manoir dont la visite est un peu chère.

On va plutôt à la pointe de la péninsule où niche une colonie d’albatros puis à Sandfly Bay. L’Europe n’a pas la chance de connaître ces adorables insectes que sont les sandflies, sortes de moustiques 2.0 : miniatures, plus discrètes et plus tenaces. Un nom assez peu vendeur pour la baie donc, heureusement, ici, c’est bien de sable volant avec le vent qu’il s’agit.

Le soir, de passage en ville avant d’aller dormir au camping gratuit de Warrington, ce qui devait arriver un jour arriva, j’ai perdu mon appareil photo. Les photos qui vont suivre jusqu’à Invercargill ont donc été prises par Gaspard (c’est pour ça qu’elles sont mieux), à l’exception de 4 d’entre elles que je vous invite à reconnaître de par leur qualité tablette. L’avantage c’est que du coup des fois je suis sur les photos.

Départ pour de bon le lendemain matin, direction les Catlins. C’est une région côtière bien paumée, au relief un peu contrasté, battue par le vent et la pluie, mais où on a eu la chance d’avoir !

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J’ai enfin le temps de finir les cartes ! Je vais mettre à jour les articles précédents dans la semaine.

 

Au passage je précise qu’un nugget en anglais c’est pas forcément du poulet (même s’il y avait parait-il une colonie de manchots sur la plage toute proche), ça peut être une pépite ou dans l’ensemble quelque chose de petit et compact. Après un passage le long du Catlins Lake qui est en fait un bras de mer qui se vide à marée basse, on arrive au camping de Purakanui Bay, un lieu assez magique, jugez plutôt !

Au programme le jour suivant : Purakanui Falls, Catlins Forest, pause café à Owaka, Matai & Horseshoe Falls, McLean Falls (ma préférée du jour, c’est qu’il y a beaucoup de cascades dans cette contrée) et nuit au camping de Papatowai (rien à voir avec Stromae).

 

Vous aurez peut-être remarqué sur la carte que nous avons pris un ordre bizarre pour visiter les différents lieux (ou pas). C’est que dans les Catlins, il faut compter avec les marées ! On se lève donc très tôt pour être aux Cathedral Caves à 8h30, 1h avant la marée basse. Ces grottes creusées par l’eau dans la falaise sont en effet inondées à marée haute.

La suite de la journée est prise en grande partie par la visite de l’étonnante « Lost Gipsy Caravan » à Papatowai, qui recèle une collection étonnante de mobiles, pendules, moulins et autres bricolages mus par l’énergie solaire, éolienne, hydraulique ou cinétique.

On reprend ensuite la route direction Porpoise Bay, où j’ai l’immense privilège de manger une glace tout en me faisant manger par les sandflies (c’est la chaîne alimentaire locale) et en regardant des gens nager avec les dauphins (processus très simple observé à plusieurs reprises : quelqu’un brave l’eau froide pour aller nager au milieu de la baie, les dauphins curieux s’approchent jusqu’à 2-3 mètres, 5 minutes plus tard tous les frileux sur la plage se jettent à l’eau et les dauphins s’enfuient).

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Un saut au Slope Point Backpackers pour monter la tente et (enfin) prendre une douche avant de retourner à Curio Bay pour la 2e marée basse de la journée, qui révèle une forêt fossilisée et 3 manchots à tête jaune (très rares).

Le lendemain, c’est un peu comme un accomplissement puisqu’on se rend à Slope Point, le cap le plus au Sud de l’île du Sud. 2 mois plutôt, j’étais au Cap Reinga, à 34,4° S de latitude soit l’équivalent de Rabat au Maroc, cette fois on est à 46,7° S, soit un peu plus que Poitiers. On est plus proches du Pôle Sud que de l’Équateur (tout comme les gens à Poitiers devraient savoir qu’ils sont plus proches du Pôle Nord que de l’Équateur !). Passage ensuite à Wairapa Point pas très loin, un cap aux récifs extrêmement dangereux où On a bâti un vieux phare (le phare à On)… Et c’est là la fin des Catlins !

 

L’escale à Invercargill, grande ville étalée du Southland, est l’occasion de refaire le plein de pas mal de choses et notamment d’acheter un nouvel appareil photo. Celui-ci a une fonction panorama, et comme les paysages de Nouvelle-Zélande sont généralement trop larges pour rentrer dans un cadre, je vais un peu en abuser, soyez prévenus ! À partir d’ici on a que des photos prises par moi donc.

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Et c’est quand-même beaucoup mieux ! Le château d’eau d’Invercargill.

 

 

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2 cartes pour le prix d’une !

On continue de suivre la Southern Scenic Highway, qui va de Dunedin à Queenstown d’une façon pas très directe, mais cette fois sous une pluie battante, et il faut dire que c’est quand-même moins scénique. Je plante la tente au camping gratuit de Monkey Island lors d’une éclaircie. Au cours de la nuit, la météo se calme et ce sont des cieux plus cléments qui se révèlent à nous le lendemain matin. Il pleuvra encore à hauteur de Tuatapere où on s’arrête pour une pause café (le but n’est pas tant le (très bon) brownie que l’accès à Internet et la recharge des divers appareils).

 

La pluie nous poursuivant jusqu’à notre repas près du Clifden Bridge, on va dans l’après-midi se réfugier dans les grottes de Clifden, spéléo d’une heure sur un parcours heureusement bien balisé. Une grotte gratuite en Nouvelle-Zélande, c’est trop rare pour ne pas s’y arrêter ! Au sortir de la grotte le soleil est revenu et nous nous dirigeons donc vers le lac Hauroko (le plus profond de Nouvelle-Zélande) puis le lac Monowai. Première entrée dans le gigantesque et bien nommé parc national du Fiordland.

On trace ensuite en passant par Manapouri et Te Anau (prononcer Te Anao) où on reviendra plus tard et on s’arrête au premier camping sur la Milford Road, Henry Creek au bord du lac Te Anau. C’est le plus grand lac de l’île et le 2e du pays après le lac Taupo, il fait 65 kilomètres de long auxquels s’ajoutent 3 fiords intérieurs. C’est impressionnant, pour autant ça reste plus petit que le lac Léman (que je n’ai jamais vu).

Il y a 14 fjords dans le parc national, mais seulement 2 sont accessibles sans randonner pendant des jours, le Milford Sound et le Doubtful Sound. Nous avions déjà réservé une croisière (seul moyen d’accès) sur le second pour le 28, mais pas question de faire l’impasse sur la route qui rejoint le premier. Elle n’a été achevée qu’il y a 20 ans, et en l’empruntant, on comprend pourquoi : 120 kilomètres de route entre des montagnes vertigineuses, envahies par la jungle et inhabitées. À noter qu’on a la chance de n’avoir presque pas de pluie dans une région où il pleut en moyenne 2 jours sur 3. Et pas qu’un peu, la végétation en témoigne !

Le jour J, réveil avant l’aube pour commencer une première traversée du lac Manapouri en bateau. On descend à proximité de l’immense centrale électrique qui capte l’eau du lac pour la déverser dans le Sound 150 mètres plus bas. La route qu’on emprunte a d’ailleurs été construite pour son entretien. Une fois au niveau de la mer, le « Sound of Silence » est simplement écrasant, ce que j’ai eu du mal à retranscrire en photo, la lumière n’étant pas idéale.

Rien d’autre que l’eau qui se jette en cascades des sommets directement dans la mer, une véritable jungle verticale se nourrissant de son bref passage. L’idée que ces paysages démesurés s’étendent sur des dizaines de kilomètres et sans signe de civilisation au Nord, à l’Est, au Sud, ça remet un peu à sa place… Finalement, le fait que le parc national soit inhabité et n’ait presque aucune histoire humaine participe très certainement à sa beauté mais je ne peux pas m’empêcher d’imaginer ce que serait devenu le paysage si on avait été en Europe, en Asie, après des millénaires d’anthropisation ; j’ai en tête d’immenses cités fortifiées inaccessibles dans leur brume et des villages suspendus aux falaises qui surplombent les fjords.

Le rêve finit par s’achever en milieu d’après-midi et nous occupons la fin de la journée par la recherche d’un des lieux de tournage de la rivière Anduin, sur la rivière Waiau entre les 2 grands lacs. C’est à proximité que part le Kepler Track, une « Great Walk » dont nous marchons la première heure le lendemain jusqu’à une baie du lac Manapouri.

Il est ensuite temps de prendre la route de Queenstown, où j’ai réservé 2 nuits en camping. La ville a connu 2 ruées vers l’or : la première dans les années 1880, comme tout le Central Otago, la seconde il y a 20 ans quand elle s’est autoproclamée capitale mondiale des sports extrêmes après que le premier saut à l’élastique du monde a été lancé à deux pas. Un peu comme à Rotorua dans l’île du Nord, on peut tout y faire tant qu’on a de l’argent, du ski à l’helico en passant par le rafting, la maison hantée et le saut en parachute. Gaspard me laisse là dans ce qu’il appelle un Disneyland (le centre-ville est pris d’assaut par les boutiques vendant des activités et souvenirs aux touristes), non sans un dernier burger au réputé (et pris d’assaut lui aussi) Fergburger, et part randonner vers d’autres horizons.

Je n’ai donc qu’une journée à Queenstown : j’aurai largement le temps d’y revenir lors de mes congés puisqu’on est à 2 heures de Roxburgh. Après l’ascension de la Queenstown Hill le matin, je cède aux sirènes du consumérisme et pars sur un tour guidé des lieux de tournage du Seigneur des Anneaux. En effet, si ceux-ci sont répartis sur tout le pays, une majorité des films a été filmée dans les environs où l’équipe est restée 18 mois. C’est l’occasion d’avoir des infos précises (c’est pas si facile à trouver par soi-même) et de voir du pays, les environs étant plutôt jolis.

Et le soir, je regrimpe sur Queenstown Hill, parce que le coucher de soleil sur les Remarkables. (ainsi nommés parce que parfaitement alignés Nord-Sud)

Et… Me voilà à Roxburgh depuis quelques jours ! Je commence demain 7 Mars et il semblerais que je sois appelé à contrôler la qualité des étiquettes sur les pommes… Mais ça, ça sera pour une autre fois !

4 réflexions sur “Chapitre 22 : Le Sud

  1. Fatima

    Moi aussi j’étais dans le Sud aujourd’hui, dans les Corbières à Termes. On cherchait le soleil (annoncé par Météo France) pour randonner. Au final, il y avait 4°, et de la neige qui a tenu sur les hauteurs. C’est dépaysant aussi les Corbières sous la neige.

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  2. Cécile Jebeili

    Quel périple, et quels paysages ! C’est grandiose ! On est lundi matin, c’est la rentrée et en vous lisant, je suis loin, très très loin de la réforme régionale et de la loi NOTRe …
    Merci pour toutes ces photos formidables, merci de nous faire voyager …
    Bon courage pour votre nouveau job.
    PS : il faut bien qu’il y ait un bémol, mais je préfère la version du Sud chantée en anglais (par Nino Ferrer himsef) que l’on trouve sur le vinyle de l’époque; vous y trouverez un autre petit bijou : « Moses » à écouter absolument !

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    1. Merci ! Je suis heureux d’avoir coloré la rentrée un petit peu alors.
      Pour la musique, vous êtes décidément très difficile ! C’est l’heure d’aller travailler mais j’écouterai ça en rentrant.

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