Chapitre 26 : Mr. Blue Sky

Electric Light Orchestra – Mr. Blue Sky

(Mr. Blue Sky, please tell us why, you had to hide away for so long ?)

Fini les pommes ! Après quelques jours de repos et deux soirées d’adieu à l’unique pub de Roxburgh, j’attaque mon dernier périple néo-zélandais.

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Adieu Roxburgh ! (Saurez-vous reconnaître les 3 drapeaux visibles sur l’image ?)

De nouveau en ce Dimanche 15 Mai c’est à Queenstown que me conduit ma route, cité de perdition nichée au cœur de l’Éden. Arrivée à 18h, il fait déjà nuit et c’est une pluie battante et un vent glacial qui m’accueillent. Les autres voyageurs me le confirment, ça fait une semaine qu’ils n’ont pas vu le Soleil. On pourrait penser que ça mettrait à mal l’industrie du tourisme (qui repose pas mal sur les activités d’extérieur) mais ce serait sans compter sur la vie nocturne locale.

Le Lundi, j’ai pour ambition malgré le mauvais temps de marcher le long du lac Wakatipu jusqu’à Frankton et Deer Heights. Croyant entrevoir une éclaircie, je pousse jusqu’aux Queenstown Gardens mais dois bien vite battre en retraite sous la pluie jusqu’au Starbucks. Après une deuxième sortie avortée, je me résous à rentrer à l’auberge pour le reste de la journée.

Heureusement, l’aube du Mardi révèle un ciel presque entièrement dégagé et de la neige sur les sommets. L’occasion de s’attaquer à l’un des plus proches : le Ben Lomond ! Le chemin monte d’abord à travers une forêt de pins (un panneau nous rappelle les prix de la descente par les œufs de la Skyline Gondola, au cas où) puis après une heure dans des prairies au sol gelé. Le sommet est encore bien au dessus, et la dernière demi-heure se fait dans la neige.

Le Mercredi réinstaure le couvre-ciel. Je tente d’aller louer une voiture à l’aéroport ; ça se révèle malheureusement impossible, ma nouvelle carte de crédit étant restée en France. Le moral assez bas je réserve une nuit de plus et le bus pour le lendemain. Des hauts et des bas, les plans changent, c’est ça aussi le voyage… Je retourne sur les bords du lac à la faveur d’une éclaircie qui vient confirmer ma théorie : c’est quand un rayon de soleil vient éclairer le paysage entre deux nuages que la lumière est la plus belle.

Le soir je tente d’apporter ma réponse au débat qui fait rage en ville : qui de Fergburger (une institution avec 1 à 2 heures de queue en heure de pointe pour avoir son burger) ou de Devil Burger (plus récent et moins cher) fait le meilleur burger ? J’avais déjà testé Ferg lors de mon précédent passage à Queenstown, je vais donc essayer Devil Burger en compagnie d’une française rencontrée à l’auberge. Au final difficile de se faire une opinion (le mieux serait encore d’essayer chaque burger des deux cartes) mais les meilleures glaces sont bien chez Mrs. Ferg (même si c’est plus trop la saison) !

Le bus de Queenstown à Wanaka part à 8h du matin. C’est tôt mais ça me permet d’assister à un superbe lever de soleil sur les Remarkables, et de disposer en entier de mon Jeudi. C’est la troisième fois que je passe par Wanaka et je dois dire que j’aime beaucoup cette ville, un peu plus humaine et vivable que Queenstown dans un cadre tout aussi idyllique (même si elle lui emboîte le pas vers toujours plus de mercantilisme).

Il y avait bien une chose à Wanaka que tout le monde m’avait conseillée mais que je n’avais pas encore faite : l’ascension du Roy’s Peak. Le chemin part du bord du lac à environ 6 kilomètres de la ville, et monte raide jusqu’en haut. La vue est tout simplement grandiose, même sans aller jusqu’au sommet ! Je m’arrête donc une fois arrivé sur la crête car ces derniers mètres auraient été de trop ; je n’ai pas encore récupéré de la fatigue accumulée en travaillant et j’ai très peu dormi les nuits précédentes. Heureusement une Californienne rencontrée en bas du chemin me ramène jusqu’à la ville.

Après une bonne nuit de sommeil dans une auberge bien plus tranquille (le tenancier m’ayant même installé tout seul dans une chambre pour le même prix qu’un dortoir), le Vendredi révèle de la neige sur le Roy’s Peak, alors qu’il était encore nu la veille. Mais il est déjà temps de partir, pour Twizel, dans le Mackenzie High Country. Pendant 2 heures de route, on ne traverse que deux villages et quelques fermes aux abords de ceux-ci. Le long de la Lindis Valley, il n’y a presque aucun signe de présence humaine.

Twizel est un village entièrement construit pour le tourisme, assez hideux et remarquablement désincarné en morte saison. À peine arrivé, je décide de louer un vélo pour partir le long des canaux jusqu’au lac Ohau. C’est un peu loin mais ça en vaut la peine. Une fois sorti du village, le décor est vraiment grandiose, une grande plaine battue aux vents entourée de hauts sommets.

Samedi, je laisse mes affaires à Twizel et me rend en stop jusqu’au Mont Cook. Ma première conductrice est une chinoise qui tient un restaurant au lac Tekapo et était allée acheter du saumon dans les environs. Elle me dépose à l’embranchement de la route qui conduit au Mont Cook. De là, un autre couple de chinois installés à Auckland depuis 20 ans et en vacances dans le Sud me conduit jusqu’au départ de la Hooker Valley Track.

Je dis Mont Cook mais je devrais plutôt dire Aoraki, les Européens ont eu la fâcheuse manie de renommer tous les lieux quand ils les ont « découverts ». Un certain retour en arrière s’opère (Wanaka s’est appelée Pembroke) mais ça prend du temps. Au retour de la Hooker Valley je tombe sur mes colocs Veronika et Ondra !

Je suis ramené jusqu’à l’embranchement par deux français que j’ai rencontré sur le chemin. Ils repartent ensuite vers Tekapo. Là, Gaspard (avec qui j’avais voyagé dans le Sud) s’arrête, mais, pas de bol, il va dans l’autre sens ! La Nouvelle-Zélande est décidément un petit pays. C’est finalement un pilote d’hélicoptère qui me ramène jusqu’à Twizel. Je lui dis à quel point j’aurais apprécié faire un tour au dessus des glaciers avec lui si j’avais eu le budget, mais il m’a pris en stop c’est un début !

Dimanche, je prends le bus pour le lac Tekapo, le dernier d’une longue série de magnifiques lacs glaciaires. J’avais prévu d’y rester la nuit, l’endroit étant réputé le meilleur endroit au monde pour observer les étoiles, loin de toute pollution lumineuse. Mais… C’est la pleine lune ! Du coup, j’ai à peine le temps d’admirer les montagnes depuis « l’église du bon berger » car je repars avec Rémi et Manu, deux français rencontrés dans la Hooker Valley, qui ont le même objectif que moi : le Mont Sunday !

Pour s’y rendre, il faut quitter la route à hauteur de Mont Somers et s’enfoncer dans les montagnes sur une piste pendant une bonne heure. Au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la civilisation, on traverse des vallées à l’herbe jaunie entre des montagnes enneigées, jusque, enfin, à atteindre le fameux Mont Sunday, ou plutôt devrais-je dire, Edoras ! Le dépaysement est total, le jeu en vaut clairement la chandelle.

On est arrivé un peu tard à Edoras et il serait impossible de rejoindre Christchurch avant la nuit, on dort donc dans un free camp au bord du Clearwater Lake. Je ne pensais plus utiliser ma tente en Nouvelle-Zélande, la nuit est bien froide mais, heureusement, moins que je le pensais. Au matin je repars avec Nicolai, un Allemand rencontré la veille au Mont Sunday et qui voulait comme moi y retourner au matin en espérant une meilleure lumière. Malheureusement le ciel est toujours couvert…

J’arrive finalement le lundi 23 à midi à Christchurch où j’ai trouvé grâce à Jason (mon coloc Taïwanais d’Albany) une coloc tenue par un Maori située 69, Ford Road dans le charmant quartier d’Opawa. La maison est ancienne et n’a pas été rénovée (ni nettoyée semble-t-il) depuis les années 50, mais au moins le loyer est bas, et je dois dire qu’elle a un certain charme !

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La maison en question

Je vous donne rapidement le programme pour la suite :
4 Juin – 11 Juin : Melbourne en Australie
11 Juin – 9 Juillet : Singapour et la Malaisie
9 Juillet – 19 Juillet : Tokyo
19 Juillet – 9 Août : petit tour du Japon avec les parents et la sœurette
Puis retour en France ! Un beau programme, autant dire que j’ai hâte ! Mais il me reste encore quelques choses à voir autour de Christchurch, la suite au prochain épisode 😉

3 réflexions sur “Chapitre 26 : Mr. Blue Sky

  1. Cécile Jebeili

    Y a pas à dire, c’est un sacré voyage que vous faites là … et la suite du programme est bien alléchante ! Merci Robin de nous faire voyager par procuration.
    Et puis écouter ELO est toujours un tel bonheur … (vous voyez que je ne suis pas si difficile !)

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  2. Cécile Jebeili

    Ah et puis j’oubliais : c’est quoi cette arnaque avec les drapeaux ? Déjà j’en n’ai vu que deux, et le second est tellement minuscule qu’on ne parvient pas à voir quoi que ce soit ! Remboursez !

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    1. Ah, comme quoi on peut s’entendre de temps en temps !
      Pour les drapeaux : la Nouvelle-Zélande sur la gauche de la rue, et les All Blacks (il est vrai peu identifiable) et l’Écosse sur le toit de la pharmacie.

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