Chapitre 30 – Stranger in a strange land

Iron Maiden – Stranger in a Strange Land

« One Malaysia », clament partout les affiches du Barisan National, le parti au pouvoir depuis 1957, et pourtant l’unité du pays pose question.

Physiquement, déjà, la Malaisie est séparée en deux parties : la Malaisie péninsulaire à l’Ouest où se concentrent la plupart des populations et activités,  et Sabah et Sarawak sur l’île de Borneo, beaucoup plus sauvages (et où je n’irai pas car les rares personnes que j’y connais sont encore en Nouvelle-Zélande).

Mais c’est aussi un pays un peu artificiel. Avant la colonisation, il y avait un grand nombre de royaumes Malais qu’on retrouve aujourd’hui sous la forme d’États qui composent la Fédération de Malaisie. La principale différence culturelle avec l’Indonésie est que la première était une colonie britannique,  la seconde une colonie hollandaise.

On trouve trois grands groupes ethniques en Malaisie : les Malais  (implantés depuis longtemps et convertis à l’Islam) forment 65% de la population, les Chinois et les Indiens (arrivés pendant la colonisation britannique) respectivement 25 et 10%. Là ou le slogan « One Malaysia » devient ironique c’est que les Musulmans (les Malais n’ont pas le choix, ils sont musulmans à la naissance) ont un certains nombres de privilèges garantis pour certains dans la Constitution. Ils ont par exemple accès plus facilement au logement ou aux universités. Un Chinois ne peut pas être élu Premier Ministre, ou doit se convertir à l’Islam pour épouser une malaise. La justification est que les Chinois sont globalement plus riches que les Malais, mais il y a aussi des Chinois et Indiens pauvres…

Pour autant la Malaisie n’est pas le pays du malaise (notez la subtilité de cet ingénieux jeu de mot), ses habitants cohabitant globalement sans problème. Le ressentiment est plus tourné vers le gouvernement qui a tous les défauts (notamment la corruption) que vers les Malais.

Mon voyage commence donc à Malacca le Vendredi 17 Juin après 4h de bus depuis Singapour. Et le Vendredi, c’est marché de nuit ! Je m’y rends sur les conseils de CJ (qui lui est encore en Nouvelle-Zélande). C’est un marché tenu par la communauté chinoise dans les rues du vieux centre-ville. On y trouve moults mets délicieux comme par exemple mon premier magret de canard en 9 mois, mais également toutes sortes de contrefaçons chinoises.

Ici difficile de passer inaperçu, blanc en territoire jaune (difficile de me monter en neige) je suis plusieurs fois abordé par des jeunes qui veulent une photo avec moi.

Le lendemain, je me ballade dans la partie européenne de la ville. Malacca a été capitale d’un puissant sultanat avant d’être capturée par les Portugais, puis les Hollandais et les Anglais de part sa position stratégique verrouillant le détroit du même nom. Chacun y a apporté sa touche d’originalité architecturale même si les Anglais ont détruit une grande partie de la ville. La ville a ensuite déclinée,  remplacée dans ses fonctions commerciales par Singapour et Georgetown (Penang) et dans ses fonctions politiques par Kuala Lumpur.

J’aurais bien ajouté des photos mais il se trouve que la nuit suivante je me suis fait voler appareil photo, portable et tablette pendant mon sommeil (la rédaction vous présente ses excuses pour cet imprévu et vous propose une recherche Google Images pour vous faire une idée. Un dédommagement du prix de l’article (0,00€) peut être obtenu en envoyant REFUND au 8200200). Au réveil c’est pas la joie, je pars visiter le commissariat. Heureusement j’ai toujours mon passeport et de quoi voyager, et j’étais déjà censé repartir l’après-midi pour Kuala Lumpur rejoindre Simon.

Kuala Lumpur. KL. Une mégapole immense, peut-être aussi peuplée que Singapour mais beaucoup plus étalée. Un réseau tentaculaire de voies rapides et de trains de banlieue découpe la ville en quartiers fermés et immenses centres commerciaux. En Malaisie, le litre de pétrole coûte 1,7 ringgits soit 40 centimes d’euro. Les voitures et motos, de toutes sortes et de tous âges sont partout.  Chaque immeuble de 20 étages comporte 5 étages de parking

De ce que je comprends c’est dans la culture asiatique de traiter celui qu’on héberge comme un roi. Simon possède un cyber-café qui lui laisse beaucoup de temps libre ; il passe donc ses journées avec moi pour me faire découvrir la ville et ses alentours, en compagnie le plus souvent de Casey (une autre collègue de Roxburgh) et parfois d’autres amis à lui. Et insiste pour tout payer ce qui est très gênant pour moi Européen.

Le premier endroit que nous visitons est une boutique de téléphones. J’ai dû passer trop de temps avec des asiatiques ; je m’achète un smartphone (mais un vieux quand-même faut pas déconner). Il faut dire que c’est très pratique, avec un objet je remplace les trois que j’ai perdus…

Puis ce sont les Batu Caves, passage obligé pour le touriste. De très belles grottes ont été aménagées en temple hindou. C’est impressionnant mais l’aménagement intérieur des grottes, très fonctionnel n’est pas super beau. Les singes sont partout et sont très agressifs, attrapant tous les sacs plastiques, bouteilles, et même offrandes de fleurs.

Nous sortons ensuite de la ville pour nous rendre à Kuala Selangor, ancien fort Malais surveillant le détroit, puis à Sekinchan, village de pêcheurs chinois. Les gens y vivent encore sur des maisons en bois sur pilotis. Le soir on y mange au restaurant des spécialités à base de fruits de mer, c’est délicieux !

Le lendemain, Frederick et Laissa, 2 collègues Allemands, ont une escale de quelques heures à Kuala Lumpur. 3 petites heures qui sont bien employées à visiter le centre-ville et leur faire goûter un maximum de spécialités ! On va notamment au pied des tours Petronas, qui selon le musée de l’architecture de Malacca rappellent par leur forme l’étoile à 8 branches (symbole de l’Islam) et selon Simon un épi de maïs.

Le mercredi, réveil tôt le matin pour aller escalader avec la copine de Simon et sa sœur Bukit Tabur dans l’Est de la ville, puis Independance Day au cinéma (l’affiche montrait les tours Petronas détruites mais il n’en est rien, déception) et rencontre avec les amis du 85 : Grace, Mus et Jason.

Enfin, pour le dernier jour avant de quitter KL, nous nous rendons au Bird Park pour voir les oiseaux, puis au musée national qui raconte l’histoire du pays de manière (presque) impartiale (on sent qu’ils ont une cohésion nationale à maintenir).

Le vendredi 24 je prends le bus de nuit jusqu’à Kuala Besut sur la côte Est pour me rendre aux îles Perhentian, je vous raconte bientôt !

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