Chapitre 34 – Misty Mountains

J’ai fait confiance aux parents pour préparer le séjour une fois qu’ils seraient arrivés, ils ont concocté un programme aux petits oignons (ognons ? Il s’en passe des choses en France en ce moment). C’est différent, la fin des plans de dernière minute et des galères pour trouver un toit mais aussi des rencontres et décisions spontanées. On voyage différemment quand on est un groupe de 4 de toute façon.

Le planning est serré pour voir le maximum de choses en 3 semaines ; des 4 jours que l’on passe à Tokyo, deux sont consacrées à des excursions à la journée.

Le 21 on prend le shinkansen (le TGV Japonais) pour la première fois pour nous rendre à Nikko, petite ville de montagne qui abrite des temples bouddhistes et shintoïstes. La pluie et la brume rajoutent à l’ambiance mystique et nous permettent de nous familiariser avec un élément primordial de la culture japonaise : le parapluie.

En parlant de culture, c’est toujours un choc à tous les niveaux et les 5 sens sont en constant étonnement, des hubs de Shibuya ou Akihabara avec leurs foules et leurs écrans géants, à la richesse des ornementations des temples ou de la gastronomie. Les Japonais sont un peu fous, c’est vrai : le 22, jour de sortie de Pokémon Go, nous revoyons Takumi pour un restaurant de sushis automatisé : la commande se fait par le biais d’un écran tactile et les plats arrivent sur un rail.

J’ai pas fini de présenter mes amis aux parents puisque le lendemain pour notre visite de Kamakura, je leur ai dégoté un guide local : Ren qui a habité dans le coin pendant longtemps. Kamakura a été capitale du Japon au moment où le bouddhisme s’implantait dans l’archipel, et en a gardé de magnifiques temples. On a notamment la chance d’assister dans le temple d’Engaku-Ji a une cérémonie de commémoration de l’ouverture qui n’a lieu que 2 fois par an.

Le 24, nous partons vers Kawaguchiko, au pied du mont Fuji. Le chemin de fer file droit dans les montagnes, empruntant des vallées étroites mais densément peuplées, des tunnels et des viaducs. Jusqu’au pied du Fuji-San la concentration humaine est impressionnante.

Le lendemain, c’est l’ascension : le bus amène les touristes et pèlerins jusqu’à la 5ème station à 2300m d’altitude, il faut ensuite monter les marches jusqu’au sommet, culminant à 3700. La pente est abrupte, l’ascension n’est pas sans rappeler celle du Ngauruhoe en Nouvelle-Zélande, en beaucoup plus haut et beaucoup mieux aménagé. À intervalles réguliers des cabanes de pierre permettent de se reposer et de se sustenter. À travers les nuages, puis au dessus, des éclaircies récompensent l’effort.

À Kawaguchiko comme à Matsumoto notre étape suivante, nous dormons dans des ryokans, auberges traditionnelles japonaises. Papier de riz et yukatas, on dort sur des futons, à même le sol.

Matsumoto est une ville entourée de montagnes et surtout connue pour son château, superbe (en tout cas de l’extérieur, on est arrivés trop tard pour visiter l’intérieur. On se console toutefois très bien avec des desserts se glace à la patate douce).

Le 27 Juillet, on fait une excursion vers Magome et Tsumago, 2 villages de montagnes ayant conservé leur identité architecturale typique des montagnes japonaises, et situées sur le Nakasendo, un ancien chemin dont nous parcourons donc une portion.

Le jour suivant, c’est une toute autre traversée qui nous attend puisque nous allons prendre la route alpine entre Ogizawa et Tateyama, du côté Sud des montagnes. Train pour Shinano-Omachi, bus montant à Ogizawa, trolley bus à travers la montagne, marche sur le barrage de Kurobe, funiculaire puis télécabine nous hissant jusqu’au coeur des montagnes, deuxième trolley bus au dessus de 2300 mètres d’altitude, bus puis funiculaire redescendant à Tateyama, bus de remplacement évitant un glissement de terrain sur la ligne de chemin de fer, 2 trains locaux allant à Terada puis Dentetsu-Toyama et enfin le Hokoriku Shinkansen à destination de Kanazawa, soit une chaîne de 13 déplacements, vive l’intermodalité !

Au cours de la traversée (qui se fait en partie dans un Parc National), on traverse de magnifiques paysages incroyablement divers, vallées vertigineuses et restes de neiges de l’hiver, forêts d’arbres nains et lacs alimentés par des sources chaudes, cascades et étangs de montagne. Mais ce qui est impressionnant c’est aussi l’ingéniosité de l’ingénierie japonaise qui a su produire cette route.

Arrivés à Kanazawa pas très loin de la Mer du Japon, on reste trois nuits pour prendre le temps de se poser, de voir le dernier Godzilla au cinéma, d’écrire cet article et de profiter de cette ville riche en histoire et en culture, avant de partir sur l’inévitable Kyoto !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s